{"id":853,"date":"2018-06-21T10:00:29","date_gmt":"2018-06-21T09:00:29","guid":{"rendered":"http:\/\/attacmaroc.org\/fr\/?p=853"},"modified":"2020-08-20T15:30:35","modified_gmt":"2020-08-20T14:30:35","slug":"memorandum-attac-maroc-soutient-le-boycott-citoyen-de-produits-de-consommation-commercialises-par-des-grands-groupes-capitalistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/2018\/06\/21\/memorandum-attac-maroc-soutient-le-boycott-citoyen-de-produits-de-consommation-commercialises-par-des-grands-groupes-capitalistes\/","title":{"rendered":"M\u00e9morandum : ATTAC Maroc soutient le boycott citoyen de produits de consommation commercialis\u00e9s par des grands groupes capitalistes"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pour l\u2019\u00e9largissement de la campagne contre la Hogra et pour la dignit\u00e9, la libert\u00e9 et la justice sociale<\/strong><\/p>\n<p>Le boycott citoyen de trois produits de consommation (le lait de Central, eau min\u00e9rale Sidi Ali et les carburants des stations Afriquia) commercialis\u00e9s par de grands groupes priv\u00e9s (la Soci\u00e9t\u00e9 Centrale Laiti\u00e8re affili\u00e9e \u00e0 la multinationale fran\u00e7aise Danone, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le lait et ses produits, la soci\u00e9t\u00e9 des eaux gazeuses Oulm\u00e8s appartenant au groupe Holmarcom de la famille Bensaleh, et la soci\u00e9t\u00e9 de distribution de carburants Afriquia appartenant au groupe Akwa de la famille Akhannouch) a connu un large succ\u00e8s. Avec d\u00e9termination et cr\u00e9ativit\u00e9, le peuple marocain r\u00e9siste \u00e0 de grands groupes capitalistes locaux et internationaux qui pillent les richesses du pays et appauvrissent les citoyens.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nUn processus d\u2019enrichissement d\u2019une minorit\u00e9 capitaliste par les politiques n\u00e9olib\u00e9rales mises en place au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980<\/strong><\/p>\n<p>Ces trois groupes t\u00e9moignent du processus d\u2019enrichissement d\u2019une minorit\u00e9 capitaliste qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des politiques n\u00e9olib\u00e9rales mises en place \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>Les grandes r\u00e9formes n\u00e9olib\u00e9rales ont commenc\u00e9 avec le programme d\u2019<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Ajustement-structurel\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>ajustement structurel<\/em><\/a>\u00a0qui a conduit au d\u00e9sengagement progressif de l\u2019\u00c9tat des secteurs publics et \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ralisation de la d\u00e9r\u00e9glementation en faveur de l\u2019entreprise priv\u00e9e. Elles ont entra\u00een\u00e9 une grave d\u00e9gradation du niveau de vie des salari\u00e9-e-s, petits producteurs et autres couches populaires.<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie de gr\u00e8ves ont \u00e9clat\u00e9 en 1978-1981 et trois grands soul\u00e8vements populaires (juin 1981, janvier 1984 et d\u00e9cembre 1990) contre la hausse des prix des principaux produits de consommation et des services de base. La base large de ces soul\u00e8vements populaires \u00e9tait compos\u00e9e de jeunes souffrant du ch\u00f4mage et de la pauvret\u00e9 dans les quartiers marginalis\u00e9s des grandes villes. Ces quartiers \u00e9taient principalement le r\u00e9sultat de la migration rurale caus\u00e9e par le processus d\u2019appauvrissement des petits paysans et de la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions de vie des populations des zones rurales.<\/p>\n<p>La privatisation des \u00e9tablissements et entreprises publics et des services publics s\u2019est traduite concr\u00e8tement par des op\u00e9rations de cessions directes \u00e0 des groupes capitalistes locaux et \u00e9trangers dominants. La lib\u00e9ralisation du commerce ext\u00e9rieur, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par l\u2019adh\u00e9sion du Maroc \u00e0 l\u2019<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/OMC-Organisation-mondiale-du\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Organisation mondiale du commerce<\/em><\/a>\u00a0(OMC) en 1995, a d\u00e9bouch\u00e9 sur la conclusion de plusieurs accords de libre-\u00e9change b\u00e9n\u00e9ficiant aux grands importateurs et exportateurs au d\u00e9triment du d\u00e9ficit de la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Balance-commerciale-Balance-des\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>balance commerciale<\/em><\/a>\u00a0et de la d\u00e9pendance structurelle de notre pays sur les plans \u00e9conomique, financier, technologique et alimentaire.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat a allou\u00e9 une grande partie des ressources budg\u00e9taires pour fournir l\u2019infrastructure n\u00e9cessaire \u00e0 la rentabilit\u00e9 des capitaux priv\u00e9s, soit \u00e0 travers les plans sectoriels lanc\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 dans des secteurs strat\u00e9giques (agriculture, industrie, p\u00eache, tourisme, \u00e9nergie, etc.), soit \u00e0 travers les grands chantiers d\u2019infrastructures (ports, a\u00e9roports, autoroutes, voies ferr\u00e9es, complexes industriels et agricoles, etc.). Ces grands investissements inutiles et impos\u00e9s ont accentu\u00e9 l\u2019endettement public qui sera pay\u00e9 par les couches populaires \u00e0 travers des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Mais leur v\u00e9ritable but est d\u2019assurer l\u2019accroissement de la fortune de quelques centaines de familles bourgeoises historiquement connues dans le domaine des affaires au Maroc, qui contr\u00f4lent l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat et ses ressources et en profitent pour s\u2019emparer de tous les secteurs rentables du pays et piller ses richesses. Elles op\u00e8rent en partenariat avec le capital \u00e9tranger qui partage avec elles le butin et transf\u00e8re des gains g\u00e9n\u00e9r\u00e9s principalement par des investissements sp\u00e9culatifs et des \u00ab\u00a0investissements\u00a0\u00bb de portefeuille. Actuellement, elles sont engag\u00e9es dans la conqu\u00eate de l\u2019Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLib\u00e9ralisation des prix des principaux biens de consommation, privatisation des \u00e9tablissements et entreprises publics et des services publics\u00a0: augmentation des profits des entreprises capitalistes priv\u00e9es au d\u00e9triment de la d\u00e9t\u00e9rioration du pouvoir d\u2019achat des citoyen-ne-s<\/strong><\/p>\n<p>La lib\u00e9ralisation des prix des principaux produits de consommation tels que le beurre et le lait a commenc\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Les importations de bl\u00e9 tendre et de sucre ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9ralis\u00e9es en 1996. Les subventions \u00e0 l\u2019huile de table ont \u00e9t\u00e9 abolies depuis juin 2000. Le secteur de l\u2019alimentation a \u00e9t\u00e9 un secteur rentable pour les grands groupes capitalistes qui profitent de leur influence pour canaliser les aides de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2005, la Cosumar, appartenant au\u00a0<em>holding<\/em>\u00a0royal Omnium nord-africain (ONA), qui deviendra plus tard la Soci\u00e9t\u00e9 nationale d\u2019investissement (SNI) et plus r\u00e9cemment Al Mada, dominait le secteur du sucre au Maroc (production, transformation et distribution) apr\u00e8s l\u2019achat de quatre sucreries publiques suite \u00e0 leur privatisation, et contr\u00f4lait effectivement les subventions au sucre. Le\u00a0<em>holding<\/em>dominait \u00e9galement les secteurs de l\u2019huile de table (Lesieur-Cristal) et du lait (Central laitier).<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019accord agricole entre le Maroc et l\u2019Union europ\u00e9enne en 2012, qui a ouvert la porte aux grandes entreprises europ\u00e9ennes pour exporter vers le march\u00e9 marocain leurs produits agricoles subventionn\u00e9s et de mauvaise qualit\u00e9, la SNI, qui a senti une concurrence \u00e9trang\u00e8re s\u00e9rieuse, s\u2019est retir\u00e9e du secteur alimentaire. En 2011, elle a c\u00e9d\u00e9 une participation de 41\u00a0% dans sa soci\u00e9t\u00e9 Lesieur-Cristal au groupe industriel et financier des ol\u00e9agineux Sofiproteol qui produit des huiles pour Lesieur en France. En 2012, elle a c\u00e9d\u00e9 une participation de 37,8\u00a0% de sa soci\u00e9t\u00e9 Centrale laiti\u00e8re \u00e0 la multinationale fran\u00e7aise Danone, et puis encore 22\u00a0% \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2014. Danone d\u00e9tenait alors 91\u00a0% de Centrale laiti\u00e8re et en changea le nom en octobre 2015 pour devenir Centrale Danone. En 2013, la SNI a vendu 27,5\u00a0% du groupe Cosumar (sucreries) au groupe asiatique Wilmar et a vendu, en 2014, une autre participation de 24,5\u00a0% \u00e0 un groupe de soci\u00e9t\u00e9s nationales et \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode, les importations de sucre ont atteint un record de 80\u00a0% de la couverture de la consommation en 2012 (contre respectivement 70 et 71\u00a0% en 2011 et 2013, 59 et 58\u00a0% en 2014 et 2015), soit plus de 1 million de tonne de sucre brut import\u00e9 pour une valeur de plus de 5 milliards de dirhams (601 millions de dollars US). Ce qui a rentabilis\u00e9 la vente d\u2019<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Action-Actions-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341-1341\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>actions<\/em><\/a>\u00a0de la SNI.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat a continu\u00e9 de r\u00e9duire progressivement les subventions aux produits de consommation de base (la caisse de compensation). Il les a supprim\u00e9es sur l\u2019essence et le fuel au 1<sup>er<\/sup>\u00a0f\u00e9vrier 2014, et pour gasoil le 1<sup>er<\/sup>\u00a0janvier 2015, et proc\u00e9da \u00e0 la lib\u00e9ralisation totale des prix des trois carburants d\u00e9but d\u00e9cembre 2015.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois ann\u00e9es de lib\u00e9ralisation totale, les b\u00e9n\u00e9fices des compagnies de distribution des carburants ont \u00e9t\u00e9 estim\u00e9es \u00e0 17 milliards de dirhams, et il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que la diff\u00e9rence moyenne entre les prix calcul\u00e9s sur la base des prix avant la lib\u00e9ration et les prix pratiqu\u00e9s par les compagnies p\u00e9troli\u00e8res apr\u00e8s la lib\u00e9ralisation est de 0,96 dirhams par litre pour le gasoil et 0,76 dirhams par litre pour l\u2019essence, ce qui a repr\u00e9sent\u00e9 une marge b\u00e9n\u00e9ficiaire suppl\u00e9mentaire d\u2019environ 7 milliards de dirhams par an. Ainsi, le prix de vente d\u2019un litre de gasoil, incluant toutes les taxes et les charges, est pass\u00e9 de 7,98 dirhams le 1<sup>er<\/sup>\u00a0d\u00e9cembre 2015 \u00e0 9,65 le 1<sup>er<\/sup>\u00a0d\u00e9cembre 2017. La marge b\u00e9n\u00e9ficiaire des entreprises est pass\u00e9e de 1,1 dirham par litre \u00e0 1,95 dirham par litre. C\u2019est l\u2019une des sources de la richesse financi\u00e8re du milliardaire Aziz Akhannouch, chef du parti du Rassemblement national des ind\u00e9pendants (proche du palais) et ministre de l\u2019Agriculture, de la P\u00eache, du D\u00e9veloppement rural, de l\u2019Eau et des For\u00eats, estim\u00e9e \u00e0 2,2 milliards de dollars US, selon le magazine Forbes en f\u00e9vrier 2018 qui l\u2019a class\u00e9 cinqui\u00e8me homme d\u2019affaires les plus riches d\u2019Afrique du Nord. Cette richesse est issue directement des poches des citoyen-ne-s.<\/p>\n<p>Dans une note d\u2019information, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a expliqu\u00e9 que les prix apr\u00e8s la lib\u00e9ration des carburants ont augment\u00e9 de 6,1\u00a0% en 2016, ce qui a entra\u00een\u00e9 une baisse de 6\u00a0% du pouvoir d\u2019achat des m\u00e9nages, et que le revenu disponible par habitant est de 19 286 dirhams en 2016 (soit 1 600 dirhams par mois). Le d\u00e9bat actuel sur le rapport de synth\u00e8se de la mission d\u2019information parlementaire sur les prix des carburants ne touche pas \u00e0 la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et de la majorit\u00e9 des groupes parlementaires qui ont act\u00e9 la lib\u00e9ralisation en faveur de grands groupes capitalistes nationaux et \u00e9trangers qui font d\u2019\u00e9normes profits au d\u00e9triment de la d\u00e9t\u00e9rioration du pouvoir d\u2019achat de la majorit\u00e9 des couches populaires. Il vise aussi \u00e0 exclure la revendication de renationalisation du secteur des hydrocarbures.<\/p>\n<p>La privatisation incluait \u00e9galement les services publics par le biais de la loi de la gestion dite d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e des services publics (commenc\u00e9e en 2002-2003), qui couvrait de vastes domaines telles que la distribution d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le transport urbain, la collecte des ordures m\u00e9nag\u00e8res, etc. Cette loi garantit en fait les int\u00e9r\u00eats du concessionnaire \u00e0 r\u00e9aliser des profits sans se soucier de l\u2019int\u00e9r\u00eat public, de la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des services fournis et des tarifs \u00e9lev\u00e9s. La loi sur le partenariat public-priv\u00e9 (2015-2014) couvre d\u2019autres services non commerciaux, principalement la sant\u00e9 et l\u2019\u00e9ducation, en facilitant l\u2019acquisition de services publics cl\u00e9s par le secteur priv\u00e9 et garantissant leur rentabilit\u00e9. L\u2019\u00c9tat a d\u00e9j\u00e0 mis fin \u00e0 la gratuit\u00e9 des services de sant\u00e9 \u00e0 travers le d\u00e9cret du 30 mars 1999 et a introduit la privatisation dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 travers la Charte de l\u2019\u00c9ducation et de la Formation.<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que les classes dominantes g\u00e8rent la politique de privatisation et les politiques publiques selon les diktats des Institutions financi\u00e8res internationales (la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Banque-mondiale,961\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Banque mondiale<\/em><\/a>\u00a0et le\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/FMI,786\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Fonds mon\u00e9taire international<\/em><\/a>), l\u2019Organisation mondiale du commerce et les gouvernements des grandes puissances, mais en les adaptant \u00e0 leurs propres int\u00e9r\u00eats avec le soutien de ces m\u00eames institutions et puissances puisque leurs entreprises b\u00e9n\u00e9ficient des accords de libre-\u00e9change pour acc\u00e9der au march\u00e9 marocain et l\u2019acquisition des march\u00e9s publics et les secteurs rentables dans le pays.<\/p>\n<p>Ainsi la distribution d\u2019eau potable a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e \u00e0 quatre entreprises priv\u00e9es\u00a0: dans la ville de Casablanca \u00e0 Lydec affili\u00e9e \u00e0 Suez Lyonnaise des Eaux (1997), dans la ville de Rabat \u00e0 Redal (1998), et dans les villes de Tanger et Tetouan \u00e0 Amendis filiale de Veolia (2002). Ces quatre entreprises contr\u00f4lent 36\u00a0% de la distribution d\u2019eau potable et d\u2019assainissement liquide dans les zones urbaines et g\u00e9n\u00e8rent \u00e9galement d\u2019\u00e9normes b\u00e9n\u00e9fices nets provenant directement des poches des citoyens. Des sources d\u2019eau naturelles ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9es\u00a0: Oulm\u00e8s-Sidi Ali, propri\u00e9t\u00e9 de la famille de Miriem Bensalah Chaqroun, l\u2019une des familles milliardaires du Maroc, dont les b\u00e9n\u00e9fices nets ont atteint 190 millions de dirhams en 2017, soit une augmentation de 11\u00a0% par rapport \u00e0 2016. Cette richesse s\u2019est accumul\u00e9e en \u00e9puisant les ressources en eau des habitants du village de Tarmilat et en causant de fr\u00e9quentes coupures dans l\u2019approvisionnement des maisons de la r\u00e9gion en eau potable. Ce qui a conduit \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un mouvement de protestation (Hirak) de jeunes dont l\u2019une des revendications les plus importantes \u00e9tait \u00ab\u00a0de fournir \u00e0 la population de l\u2019eau potable et min\u00e9rale et mettre fin \u00e0 l\u2019\u00e9puisement des ressources hydriques de la r\u00e9gion.\u00a0\u00bb Depuis 2010, la Compagnie Euro-Africaine des Eaux exploite les eaux naturelles du village de Ben Smim dans la r\u00e9gion d\u2019Ifrane apr\u00e8s les avoir expropri\u00e9es avec l\u2019aide de l\u2019\u00c9tat aux habitants locaux, les paysans pauvres.<\/p>\n<p>Le\u00a0<em>holding<\/em>\u00a0royal ONA\/Al Mada a remport\u00e9 le projet de distribution d\u2019eau d\u2019irrigation \u00e0 Sebt El Guerdane dans la r\u00e9gion de Taroudant. Il existe aussi des projets de dessalement de l\u2019eau de mer qui b\u00e9n\u00e9ficieront aux grandes entreprises priv\u00e9es \u00e9trang\u00e8res et locales, conform\u00e9ment \u00e0 la loi sur le partenariat public-priv\u00e9 au d\u00e9triment des petits agriculteurs.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLe boycott citoyen actuel est la continuit\u00e9 du processus de protestations populaires contre la chert\u00e9 du co\u00fbt de la vie<\/strong><\/p>\n<p>Le pouvoir d\u2019achat des salari\u00e9-e-s s\u2019est d\u00e9t\u00e9rior\u00e9 et l\u2019appauvrissement des petits producteurs a \u00e9t\u00e9 accentu\u00e9 alors qu\u2019une minorit\u00e9 de capitalistes locaux ont entrepris des partenariats avec des capitaux \u00e9trangers et ont accumul\u00e9 des richesses consid\u00e9rables qu\u2019ils exportent sur le continent africain pour en tirer des surprofits sur le dos des peuples.<\/p>\n<p>Le boycott citoyen actuel des trois produits de consommation s\u2019inscrit dans le contexte du processus de protestations populaires qui a \u00e9clat\u00e9 depuis les premi\u00e8res exp\u00e9riences de gestion d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e, contre Lydec \u00e0 Casablanca en 1997, contre Redal \u00e0 Rabat en 1998 et Amendis dans les villes de Tanger et T\u00e9touan en 2002. La lutte contre la chert\u00e9 du co\u00fbt de la vie va s\u2019\u00e9tendre d\u00e8s 2006, suite \u00e0 l\u2019explosion des prix des produits de consommation de base. On a assist\u00e9 \u00e0 la multiplication de coordinations locales contre la hausse des prix et pour la d\u00e9fense des services publics tout au long de la p\u00e9riode 2006-2008. Les manifestations populaires \u00e0 l\u2019appel du Mouvement du 20 f\u00e9vrier au cours de la p\u00e9riode 2011-2012 ont g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 les revendications de libert\u00e9, de dignit\u00e9 et de justice sociale. Elles ont tent\u00e9 d\u2019ouvrir les dossiers de rente en demandant la liste des b\u00e9n\u00e9ficiaires des licences de transport, de carri\u00e8res de sable et de gravier, de permis de p\u00eache en mer, de distribution de biens immobiliers et terrains publics (les fermes de deux soci\u00e9t\u00e9s publiques, Sodia et Sogeta), des for\u00eats, etc.<\/p>\n<p>Les classes dirigeantes ont essay\u00e9 de contenir la dynamique du mouvement du 20 f\u00e9vrier \u00e0 travers la farce d\u2019une constitution accord\u00e9e et la mise en place d\u2019un gouvernement formel dirig\u00e9 par le Parti Justice et D\u00e9veloppement, un parti lib\u00e9ral de droite avec une couverture religieuse. Mais les luttes populaires et ouvri\u00e8res se sont poursuivies dans de nombreuses r\u00e9gions en 2014 et en 2015 et de nouveau, les protestations des citoyen-ne-s contre Amendis \u00e0 Tanger sont reparties au cri de \u00ab\u00a0d\u00e9gage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Juste apr\u00e8s la victoire du Parti Justice et D\u00e9veloppement aux \u00e9lections l\u00e9gislatives du 7 octobre 2016, le Hirak du Rif a \u00e9clat\u00e9 dans la ville d\u2019Al-Hoceima apr\u00e8s la mort du vendeur de poisson Mohsen Fikri dans un camion benne \u00e0 ordures (le 28 octobre). Le mouvement populaire s\u2019\u00e9tendra \u00e0 la ville de Jerada et \u00e0 de nombreuses zones marginalis\u00e9es du Maroc, r\u00e9v\u00e9lant le dilemme du mod\u00e8le du d\u00e9veloppement suivi et l\u2019aspiration des classes populaires \u00e0 une alternative \u00e9conomique et sociale qui coupe avec la logique de rente, de pr\u00e9dation des richesses et de la destruction de l\u2019Homme et de la nature.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLes menaces de l\u2019\u00c9tat ont attis\u00e9 le boycott<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019intervention des diff\u00e9rents responsables du gouvernement pour stopper le boycott concorde avec la nature des politiques mises en place au service du grand capital. L\u2019\u00c9tat y voit une atteinte au \u00ab\u00a0Doing business\u00a0\u00bb mis en place par la Banque mondiale alors que Maroc fait tout pour faciliter les affaires et am\u00e9liorer son classement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale. Les diff\u00e9rentes expressions d\u2019insultes utilis\u00e9es par de nombreux ministres et certains d\u00e9put\u00e9s ont attest\u00e9 leur m\u00e9pris du peuple marocain et leur soumission aux ordres de leurs grands ma\u00eetres pour leur assurer les profits et poursuivre la politique d\u2019intimidation et de r\u00e9pression, bafouant les libert\u00e9s, pour continuer les politiques lib\u00e9rales au nom d\u2019incitation \u00e0 l\u2019investissement. Mais le peuple leur a r\u00e9pondu par une campagne de moquerie les ridiculisant \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Ce sentiment de Hogra (humiliation) a attis\u00e9 le boycott et renforc\u00e9 la coh\u00e9sion du peuple face \u00e0 l\u2019\u00c9tat capitaliste.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLa\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Dette-970\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>dette<\/em><\/a>\u00a0des m\u00e9nages\u00a0: des banques priv\u00e9es augmentent leurs profits, elles n\u00e9cessitent des mobilisations populaires pour mettre fin \u00e0 leur rapacit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La dette des m\u00e9nages marocains pour assurer un logement \u00e9conomique et une vie d\u00e9cente s\u2019est consid\u00e9rablement accrue vis-\u00e0-vis des banques. Le r\u00e9cent recensement du Haut-Commissariat au Plan (mai 2018) a montr\u00e9 que 34\u00a0% des m\u00e9nages marocains ont eu recours \u00e0 la dette parce que leurs revenus \u00e9taient insuffisants pour couvrir leurs besoins, et que 86,4\u00a0% des m\u00e9nages estimaient que les prix des produits alimentaires avaient augment\u00e9 durant les douze derniers mois.<\/p>\n<p>Le niveau de revenu par habitant de la grande majorit\u00e9 des Marocains est tr\u00e8s faible. La plupart des rapports des institutions internationales classent le Maroc aux derniers rangs pour l\u2019\u00e9ducation et la sant\u00e9. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvret\u00e9 augmente de mani\u00e8re significative et le ch\u00f4mage a un caract\u00e8re de masse, principalement chez les jeunes. Ceci, alors que les banques ont r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice net d\u2019environ 10 milliards de dirhams en moyenne au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Les institutions de microcr\u00e9dit ont r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice net de 226 millions de dirhams en moyenne au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Le mouvement des femmes victimes du microcr\u00e9dit, n\u00e9 dans le contexte des manifestations du 20 f\u00e9vrier 2011, contre les\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Taux-d-interet\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>taux d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/em><\/a>\u00a0\u00e9lev\u00e9s (jusque 33\u00a0%) a pouss\u00e9 \u00e0 la suspension des remboursements de dettes devenues insupportables pour des femmes sans revenu.<\/p>\n<p>Le secteur bancaire est fortement concentr\u00e9 et domin\u00e9 par trois grandes banques priv\u00e9es marocaines, Attijariwafa Bank (<em>holding<\/em>\u00a0royal), le Groupe de la Banque populaire (banque de participation) et la Banque marocaine pour le commerce ext\u00e9rieur (la famille Benjelloun), qui poss\u00e8dent environ deux tiers du march\u00e9 marocain. En 2017, Attijariwafa Bank a r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de plus de 6,6 milliards de dirhams, suivie par le groupe Banque populaire avec un b\u00e9n\u00e9fice net de 2,8 milliards de dirhams et la Banque marocaine du commerce ext\u00e9rieur qui a r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de 2,03 milliards de dirhams. Ces trois banques et leurs compagnies d\u2019assurance dirigent aujourd\u2019hui la p\u00e9n\u00e9tration des capitaux priv\u00e9s marocains sur le continent africain pour augmenter leurs profits au d\u00e9triment des populations africaines pill\u00e9es par le colonialisme. Ce secteur bancaire qui pille les couches de citoyens et de citoyennes marocain-e-s n\u00e9cessite une mobilisation populaire pour mettre fin \u00e0 sa rapacit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLe syst\u00e8me de la dette publique est au c\u0153ur du syst\u00e8me d\u2019accaparement des richesses et n\u00e9cessite des mobilisations populaires pour l\u2019abolir<\/strong><\/p>\n<p>Le processus d\u2019accumulation du capital priv\u00e9 au Maroc s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 et ses b\u00e9n\u00e9fices ont augment\u00e9 et se manifeste par l\u2019accaparement de richesses par une minorit\u00e9 alors que diminue le revenu des salari\u00e9-e-s et des petits producteurs. La dette publique est l\u2019un des piliers de cette accumulation.<\/p>\n<p>Les politiques n\u00e9olib\u00e9rales de l\u2019\u00c9tat sont bas\u00e9es globalement sur la cr\u00e9ation de conditions propices \u00e0 l\u2019investissement rentable pour les grands capitaux \u00e9trangers et nationaux en am\u00e9liorant le soi-disant \u00ab\u00a0climat des affaires\u00a0\u00bb par des incitations fiscales, des subventions, l\u2019acc\u00e8s au financement et \u00e0 l\u2019immobilier, des plans sectoriels, des grands chantiers d\u2019infrastructure, etc. Ce qui augmente l\u2019endettement public qui sera pay\u00e9 par les couches populaires subissant les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de 2016, l\u2019encours de la dette publique externe s\u2019\u00e9levait \u00e0 312,5 milliards de dirhams (30,9 milliards de dollars US), soit 30,8\u00a0% du\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/PIB-Produit-interieur-brut\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>PIB<\/em><\/a>. La dette ext\u00e9rieure des \u00e9tablissements et entreprises publics, garantie par l\u2019\u00c9tat, s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 168,8 milliards de dirhams, soit 54\u00a0% de la dette publique ext\u00e9rieure totale et 16,7\u00a0% du PIB. Ces entreprises et \u00e9tablissements publics sont appel\u00e9s \u00e0 soutenir l\u2019investissement priv\u00e9 au Maroc et en Afrique. L\u2019endettement interne public s\u2019\u00e9tablit \u00e0 516 milliards de dirhams. Ainsi, la dette publique globale (externe et interne) a atteint 828 milliards de dirhams, soit 82\u00a0% du produit int\u00e9rieur brut en 2016.<\/p>\n<p>Le\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Service-de-la-dette,1026\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>service de la dette<\/em><\/a>\u00a0(atteignant 157 milliards de dirhams en 2015) absorbe les ressources n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre aux besoins fondamentaux tels que l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, un logement d\u00e9cent, l\u2019investissement dans des infrastructures publiques ad\u00e9quates, des programmes de d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social, etc. Le syst\u00e8me infernal de la dette publique nous a soumis aux institutions du capitalisme mondial, aux banques priv\u00e9es et aux puissances imp\u00e9rialistes, a approfondi la d\u00e9pendance de notre pays, a accru le retard \u00e9conomique et social et a exacerb\u00e9 la perte de notre souverainet\u00e9 politique, \u00e9conomique et alimentaire.<\/p>\n<p><strong>Nous \u00e0 ATTAC Maroc, nous appelons \u00e0 un\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Moratoire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>moratoire<\/em><\/a>\u00a0sur le remboursement des dettes publiques et demandons leur audit pour annuler les parties ill\u00e9gitimes comme condition n\u00e9cessaire \u00e0 tout d\u00e9veloppement juste et pour recouvrer notre souverainet\u00e9 populaire<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019explosion de la dette publique s\u2019accompagne aussi d\u2019une mont\u00e9e de r\u00e9sistances contre ses r\u00e9percussions. Comme nous l\u2019avons vu plus haut, des protestations populaires ont commenc\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 dans toutes les zones marginalis\u00e9es du Maroc pour exiger des infrastructures \u00e9l\u00e9mentaires telles que les routes, les r\u00e9seaux de distribution d\u2019eau et d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les h\u00f4pitaux, les \u00e9coles, etc.<\/p>\n<p>L\u2019association des dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 cette p\u00e9riode et menaient de grandes batailles pour le droit au travail. La mobilisation contre la hausse des prix et pour la d\u00e9fense des services publics s\u2019est accrue. L\u2019\u00e9clatement du Mouvement du 20 f\u00e9vrier au d\u00e9but de 2011, suivi d\u2019une s\u00e9rie de mouvements populaires lanc\u00e9s par le Hirak du Rif, expriment le refus des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9es par la n\u00e9cessit\u00e9 de rembourser les dettes. L\u2019abolition de la dette n\u00e9cessite des mobilisations populaires dans laquelle devraient s\u2019engager toutes les organisations de lutte.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nLes multinationales qui pillent nos richesses et d\u00e9truisent notre environnement n\u00e9cessitent une campagne populaire contre leur impunit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>De grands capitalistes marocains concluent des partenariats avec des multinationales facilit\u00e9s par les accords de libre-\u00e9change qui garantissent la libre circulation des capitaux et des marchandises et le transfert des b\u00e9n\u00e9fices. Ce qui leur permet de saisir les opportunit\u00e9s de monopoliser les march\u00e9s et imposer leurs normes et leurs produits aux prix qu\u2019ils d\u00e9sirent.<\/p>\n<p>ATTAC Maroc, membre du r\u00e9seau CADTM, participe \u00e0 la Campagne internationale des mouvements sociaux et des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour mettre fin \u00e0 la domination des soci\u00e9t\u00e9s transnationales par l\u2019adoption d\u2019un instrument international juridiquement contraignant pour qu\u2019elles respectent les droits de l\u2019Homme et arr\u00eatent la destruction de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Nous cherchons \u00e0 d\u00e9velopper cette campagne au niveau de notre pays et de notre r\u00e9gion pour d\u00e9noncer les diff\u00e9rentes exactions des multinationales. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Lydec \u00e0 Casablanca, par exemple, est impliqu\u00e9e dans des scandales financiers, sociaux et environnementaux qui ont \u00e9t\u00e9 reconnus m\u00eame par des institutions \u00e9tatiques. La population subit de fr\u00e9quentes hausses de factures de consommation d\u2019eau alors que la compagnie a transf\u00e9r\u00e9 ill\u00e9galement des milliards de dirhams \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e8re en France. La campagne internationale contre l\u2019impunit\u00e9 des multinationales devrait se croiser avec celle de boycott, de d\u00e9sinvestissement et de sanctions (BDS) contre Isra\u00ebl qui compte \u00e9galement de nombreuses entreprises au Maroc.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nTous contre la Hogra et pour la dignit\u00e9, la libert\u00e9 et la justice sociale<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le boycott actuel exprime la protestation populaire contre la Hogra, et pour la dignit\u00e9, la libert\u00e9 et la justice sociale<\/strong>. Ces revendications ont \u00e9t\u00e9 scand\u00e9es par la population dans les rues lors des mobilisations du Mouvement du 20 f\u00e9vrier et par les mouvements de protestation dans le Rif, \u00e0 Jerada, Zagora, etc.<\/p>\n<p>L\u2019association ATTAC Maroc salue et soutient la cr\u00e9ativit\u00e9 des citoyen-ne-s marocain-ne-s dans la campagne de boycott contre le grand Capital. Il soutient \u00e9galement les mouvements de protestation dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays contre les politiques d\u2019oppression, de marginalisation, de ch\u00f4mage, de manque de conditions de vie d\u00e9centes et de destruction de l\u2019environnement. Elle condamne la r\u00e9pression exerc\u00e9e par l\u2019\u00c9tat bourgeois contre le droit de manifestation et d\u2019expression et ses tentatives pour saper la cr\u00e9dibilit\u00e9 des revendications et criminaliser la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Le boycott actuel exprime la revendication citoyenne pour la redistribution des richesses aujourd\u2019hui accapar\u00e9es par une minorit\u00e9 capitaliste et pour un d\u00e9veloppement alternatif bas\u00e9 sur la justice sociale et la satisfaction des besoins des classes populaires en augmentant les salaires, les imp\u00f4ts sur la fortune, et les budgets sociaux et environnementaux, etc.<\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, face aux gouvernants qui concentrent les d\u00e9cisions \u00e9conomiques et politiques et violent les int\u00e9r\u00eats de la majorit\u00e9, la d\u00e9sob\u00e9issance et le boycott de leurs produits deviennent un devoir national\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Face \u00e0 leur complicit\u00e9 et \u00e0 leur alliance avec nos anciens et nouveaux colonisateurs pour piller et exploiter nos ressources, la d\u00e9sob\u00e9issance et le boycott de leurs produits deviennent un devoir national\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Face au racisme des gouvernants contre l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 de notre peuple, \u00e0 leur m\u00e9pris de sa culture de r\u00e9sistance et de solidarit\u00e9, \u00e0 leur promotion de la domination culturelle coloniale, surtout fran\u00e7aise qui n\u2019a cess\u00e9 depuis l\u2019ind\u00e9pendance formelle de notre pays, la d\u00e9sob\u00e9issance et le boycott de leurs produits devient un devoir national\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Le Conseil national<br \/>\n20 mai 2018<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Pour l\u2019\u00e9largissement de la campagne contre la Hogra et pour la dignit\u00e9, la libert\u00e9 et la justice sociale Le boycott citoyen de trois produits de consommation (le lait de Central, eau min\u00e9rale Sidi Ali et les carburants des stations Afriquia) commercialis\u00e9s par de grands groupes priv\u00e9s (la Soci\u00e9t\u00e9 Centrale Laiti\u00e8re affili\u00e9e \u00e0 la multinationale [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":854,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[20],"tags":[],"class_list":["post-853","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-communiques"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=853"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":855,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/853\/revisions\/855"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/854"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=853"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=853"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=853"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}