{"id":792,"date":"2018-02-03T23:25:20","date_gmt":"2018-02-03T22:25:20","guid":{"rendered":"http:\/\/attacmaroc.org\/fr\/?p=792"},"modified":"2020-08-20T15:30:36","modified_gmt":"2020-08-20T14:30:36","slug":"le-libre-echange-dans-le-contexte-de-la-mondialisation-liberale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/2018\/02\/03\/le-libre-echange-dans-le-contexte-de-la-mondialisation-liberale\/","title":{"rendered":"Le libre-\u00e9change dans le contexte de la mondialisation lib\u00e9rale"},"content":{"rendered":"<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>Le libre-\u00e9change dans le contexte de la mondialisation lib\u00e9rale<\/strong><\/h4>\n<p><strong>Lucile Daumas<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u2019Est en Ouest, du Nord au Sud, se n\u00e9gocient des accords de libre-\u00e9change (ALE). Le monde semble pris de fr\u00e9n\u00e9sie. Que l\u2019on en juge\u00a0: en janvier 2012, le Comit\u00e9 des accords de libre-\u00e9change r\u00e9gionaux de l\u2019OMC recensait, de par le monde, plus de 500 ALE! \u00ab Un v\u00e9ritable embrouillamini, presque illisible\u00a0: voil\u00e0 \u00e0 quoi ressemble aujourd\u2019hui la carte des relations \u00e9conomiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Il y en a de toutes sortes: des petits, qui lient deux pays n\u2019ayant que de faibles \u00e9changes commerciaux (ex. Accord Maroc\/Turquie); des plus importants (ex. Accord Etats-Unis\/Maroc); d\u2018\u00e9normes (Trait\u00e9 transatlantique). Ce dernier se n\u00e9gocie entre deux g\u00e9ants mondiaux, les USA et l\u2019Union europ\u00e9enne, ayant chacun un pouvoir de n\u00e9gociation important et couvrant \u00e0 eux deux presque la moiti\u00e9 du commerce international. A n\u2019en pas douter si cet accord finit par \u00eatre sign\u00e9, son impact d\u00e9bordera largement ses deux signataires et affectera l\u2019ensemble des relations \u00e9conomiques internationales.<\/p>\n<p>D\u2019autres accords sont totalement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s : c\u2019est le cas des accords sign\u00e9s dans le cadre du partenariat euro-m\u00e9diterran\u00e9en, qui se n\u00e9gocient entre l\u2019Union Europ\u00e9enne<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> dans son ensemble et chacun des pays du Sud s\u00e9par\u00e9ment. La dimension de chacun des \u201cpartenaires\u201d est totalement asym\u00e9trique et le pouvoir de n\u00e9gociation de chaque pays du Sud est d\u00e9risoire par rapport au poids que repr\u00e9sente l\u2019UE<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>.<\/p>\n<p>C\u2019est aujourd\u2019hui le leitmotiv des Institutions financi\u00e8res et commerciales internationales comme des d\u00e9cideurs et des gouvernants, repris \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 par la presse\u00a0: ils y voient le s\u00e9same qui ouvrira \u00e0 tous les pays la porte d\u2019entr\u00e9e dans \u00ab\u00a0la mondialisation\u00a0\u00bb. Selon eux, le libre-\u00e9change est synonyme de croissance, d\u00e9veloppement, cr\u00e9ation d\u2019emplois, prosp\u00e9rit\u00e9 et bonheur. Mais avant d\u2019analyser en quoi il constitue, effectivement, un levier pour l\u2019insertion des pays dans les m\u00e9canismes de la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale, op\u00e9rons un retour en arri\u00e8re pour comprendre quelle est donc cette recette miracle &#8211; n\u00e9e en Grande-Bretagne au 18<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> &#8211; et si en vogue depuis maintenant trois d\u00e9cennies.<\/p>\n<p><strong>Arguments<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de d\u00e9part est la suivante\u00a0: si l\u2019on ouvre les march\u00e9s commerciaux \u00e0 la libre-concurrence, une sp\u00e9cialisation internationale va spontan\u00e9ment s\u2019op\u00e9rer permettant \u00e0 chaque pays de se concentrer sur les activit\u00e9s dans lesquelles il est le plus efficient et \u00e9galement d\u2019acqu\u00e9rir des biens import\u00e9s \u00e0 un co\u00fbt plus faible. C\u2019est la th\u00e9orie des avantages comparatifs de David Ricardo, qui devrait permettre une utilisation optimum des ressources mondiales, des rendements d\u2019\u00e9chelle croissants et favoriserait la prosp\u00e9rit\u00e9\u00a0: les consommateurs auraient \u00e0 leur disposition davantage de biens \u00e0 des prix plus bas (meilleures conditions de productivit\u00e9 et pas de taxes douani\u00e8res, ni de subventions \u00e0 payer). Notons au passage que le sch\u00e9ma ricardien ne concerne que la libre circulation des marchandises, les facteurs de production (capital et travail) restant immobiles.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la mondialisation, le lib\u00e9ralisme moderne s\u2019appuie lui sur une triple libert\u00e9\u00a0: libert\u00e9 de circulation des capitaux, libert\u00e9 des investissements, libert\u00e9 de circulation des biens et des services<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. C\u2019est l\u2019ensemble des activit\u00e9s humaines qui sont mises en comp\u00e9tition. Ces trois libert\u00e9s seraient cr\u00e9atrices de richesses, favoriseraient la diffusion mondiale des innovations et engendreraient ainsi la croissance \u00e9conomique, donc l\u2019emploi et par cons\u00e9quent une am\u00e9lioration des conditions de vie des populations. C\u2019est sur ces postulats que fonctionne l\u2019Organisation Mondiale du Commerce<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, qui consid\u00e8re que le libre-\u00e9change \u00a0est la cl\u00e9 d\u2019entr\u00e9e de l\u2019ensemble des pays dans la mondialisation, ma\u00eetre-mot prononc\u00e9 comme on dirait paradis, jardin d\u2019Eden\u00a0! Mais voyons cela de plus pr\u00e8s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Trois libert\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong>La libre circulation des capitaux <\/strong>s\u2019est mise en place \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. En th\u00e9orie, cette mise en concurrence des \u00ab\u00a0pr\u00eateurs\u00a0\u00bb du monde entier devait permettre d\u2019obtenir des capitaux \u00e0 meilleur prix, et donc des investissements \u00e0 moindre co\u00fbt. Pourtant, on a vu les ravages qu\u2019a produits en Asie du Sud Est, en Indon\u00e9sie, au Mexique, la libert\u00e9 de circulation des capitaux<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Sans encadrement et sans \u00a0contr\u00f4le, seuls les sp\u00e9culateurs bien inform\u00e9s tirent leur \u00e9pingle du jeu, tandis que c\u2019est le monde de l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, de la production et des producteurs, qui trinque. M\u00eame les tenants les plus inconditionnels de l\u2019\u00e9conomie-casino ont d\u00fb revoir leur discours. Pour freiner ce ph\u00e9nom\u00e8ne, James Tobin, \u00e9conomiste am\u00e9ricain, avait propos\u00e9 l\u2019instauration d\u2019une taxe sur les transactions financi\u00e8res, id\u00e9e reprise et remani\u00e9e par la suite par le mouvement Attac. La taxe Tobin consisterait en une taxe internationale de 0.05% sur les transactions de devises sp\u00e9culatives (qui se font \u00e0 une vitesse record, les m\u00eames capitaux pouvant changer de main plusieurs fois par semaine, voire par jour). Elle ne p\u00e9naliserait donc ni les op\u00e9rations commerciales ni l\u2019investissement productif, par nature plus stable.<\/p>\n<p><strong>La deuxi\u00e8me libert\u00e9 est celle des investisseurs<\/strong>. Du Nord au Sud, on cherche \u2013parfois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment- \u00e0 attirer les investissements directs \u00e9trangers<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> (IDE). C\u2019est ainsi qu\u2019au Maroc, comme dans bien des pays, on a privatis\u00e9 all\u00e8grement les entreprises et les secteurs publics pour les vendre \u00e0 des investisseurs \u00e9trangers<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Cela a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9 comme de grandes victoires. En partie \u00e0 raison, car effectivement les flux d\u2019investissement se concentrent essentiellement dans les pays fortement industrialis\u00e9s. Faire venir un investisseur au Maroc n\u2019est donc pas chose facile. Mais plus difficile encore sera de le faire rester. Car, ou bien il trouvera des placements plus avantageux ailleurs et il ira placer ses capitaux sous d\u2019autres cieux, ou bien il faudra, pour le garder sur place, conc\u00e9der de tels avantages que le gain pour le pays reste hypoth\u00e9tique. C\u2019est la conscience de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9guler ces flux pour construire une \u00e9conomie solide qui avait entra\u00een\u00e9 la fronde contre l\u2019Accord Multilat\u00e9ral sur l\u2019Investissement (AMI), mais, malgr\u00e9 son \u00e9chec, ses principales dispositions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduites dans le cadre de l\u2019OMC et des accords bilat\u00e9raux ou multilat\u00e9raux de libre-\u00e9change, qui vont m\u00eame bien au-del\u00e0.<\/p>\n<p><strong>La troisi\u00e8me libert\u00e9 est celle du commerce<\/strong>. Les \u00e9checs des n\u00e9gociations de Seattle, de Cancun puis du cycle de Doha montrent que, malgr\u00e9 le discours dominant concernant le libre-\u00e9change, qui vire presque \u00e0 la pens\u00e9e monolithique, la vigilance est de rigueur, notamment pour quelques Etats du Sud (Inde, Afrique du Sud, etc.) et que les n\u00e9gociations ne vont pas de soi.<\/p>\n<p>Il convient de faire la diff\u00e9rence entre les rapports commerciaux qu\u2019entretiennent des \u00e9conomies comparables (entre les Etats-Unis et l\u2019Union europ\u00e9enne par exemple, qui \u00e0 eux seuls, repr\u00e9sentent pr\u00e8s de 40% des \u00e9changes mondiaux<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>) et ceux qui s\u2019instaurent entre des \u00e9conomies dissemblables (Union europ\u00e9enne et pays de la rive sud de la M\u00e9diterran\u00e9e par exemple ou USA et le Maroc).<\/p>\n<p>Dans le premier cas, les n\u00e9gociations sont \u00e2pres, car les rapports de force sont comparables et chacun des Etats (porte-paroles de leurs grandes entreprises) prot\u00e8ge son agriculture, son acier, son vin, son fromage ou sa culture. On aboutit par cons\u00e9quent \u00e0 davantage d&rsquo;accords commerciaux bi ou multilat\u00e9raux qu\u2019\u00e0 de r\u00e9els accords de libre-\u00e9change. Et par la suite, chacun tente d\u2019utiliser ou de d\u00e9tourner \u00e0 son profit les r\u00e8gles introduites, du fait de leurs pressions, par l\u2019OMC en mati\u00e8re d\u2019ouverture des fronti\u00e8res et de suppression de toute r\u00e9gulation.<\/p>\n<p>Dans le second cas, les n\u00e9gociateurs sont en position de d\u00e9s\u00e9quilibre total\u00a0: ils n\u2019ont pas les m\u00eames pouvoirs de n\u00e9gociation (en particulier du fait de la dette) et leurs marchandises ne sont pas comparables, ni en quantit\u00e9, ni en diversit\u00e9, ni en co\u00fbts de production. De ce fait, l\u2019ouverture sans filet des barri\u00e8res douani\u00e8res ne peut que renforcer les d\u00e9s\u00e9quilibres.<\/p>\n<p>En outre, les tenants du libre-\u00e9change omettent quatre \u00e9l\u00e9ments fondamentaux\u00a0: la libert\u00e9 de circulation des personnes, la question de la r\u00e9partition, la question sociale\u00a0et la question politique.<\/p>\n<p><strong>La libert\u00e9 de circulation des personnes. <\/strong>Contrairement aux capitaux, aux biens et aux marchandises, non seulement la libert\u00e9 de circulation des personnes ne s\u2019est pas accrue, mais on assiste au contraire \u00e0 l\u2019\u00e9rection de barri\u00e8res en tous genres, r\u00e9glementaires comme physiques, pour contr\u00f4ler et limiter au plus pr\u00e8s la circulation des personnes. Comme l\u2019indique Claudio Katz, \u00ab\u00a0<em>La mondialisation n&rsquo;a pas r\u00e9duit les obstacles \u00e0 l&rsquo;immigration de masse vers les pays du centre. Les gouvernements en Europe et aux Etats-Unis \u00e9rigent des murs pour endiguer l&rsquo;afflux d&rsquo;\u00e9trangers et investissent pour chasser les travailleurs clandestins. Le capital ne favorise qu\u2019une certaine mobilit\u00e9 internationale, contr\u00f4l\u00e9e et limit\u00e9e, de la force de travail pour affaiblir les syndicats et faire baisser les salaires. Mais il emp\u00eache les flux massifs d&rsquo;immigration qui d\u00e9stabilisent l&rsquo;ordre capitaliste<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><strong>[11]<\/strong><\/a>.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Le capital peut utiliser, dans le cadre des d\u00e9localisations et des zones off shore, la main d\u2018\u0153uvre locale \u00e0 bas prix directement dans son pays d\u2019origine, il peut faire venir les travailleurs dont il a besoin et m\u00eame exploiter un volant de main d\u2019\u0153uvre clandestine. L\u2019ensemble de ces dispositifs permet de s\u2019assurer la meilleure main d\u2019\u0153uvre possible, au meilleur prix, mais aussi de cr\u00e9er un march\u00e9 de l\u2019emploi dans lequel les travailleurs sont mis en concurrence et somm\u00e9s d\u2019accepter la d\u00e9gradation de leurs r\u00e9mun\u00e9rations, de leurs statuts et de leurs conditions de travail qui vient se rajouter \u00e0 celle d\u00e9j\u00e0 inflig\u00e9e par les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 au nom des sacrifices que devraient faire les travailleurs pour aider leur pays \u00e0 sortir de la crise.<\/p>\n<p>Cela signifie que la question migratoire constitue une pi\u00e8ce du puzzle qui permet au monde de la finance de revenir sur tous les acquis des travailleurs, y compris ceux des pays du centre, qui ont, pour l\u2019instant du moins, encore le droit de circuler. Mais les travailleurs du Sud, eux, n\u2019ont pas le droit de se positionner librement sur le march\u00e9 du travail. Et tant pis si du fait de ce contr\u00f4le de la circulation des travailleurs, on bloque toute mobilit\u00e9 des personnes, qu\u2019elle qu\u2019en soit la raison (tourisme, liens familiaux ou amicaux, activit\u00e9s culturelles ou scientifiques, etc.).<\/p>\n<p><strong>La question de la r\u00e9partition<\/strong> M\u00eame si l\u2019on admet que le libre-\u00e9change permette de produire davantage de richesses, rien ne dit que ces richesses profitent \u00e9galement \u00e0 tous les pays et \u00e0 toutes les couches sociales. Bien au contraire, les statistiques montrent que l\u2019on assiste \u00e0 un accroissement du nombre de ch\u00f4meurs (et donc des exclus de la consommation)\u00a0ainsi que des in\u00e9galit\u00e9s entre riches et pauvres<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>Or si on a cr\u00e9\u00e9 des institutions, telle l\u2019OMC, pour promouvoir la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes, aucune institution n\u2019a \u00e9t\u00e9 mise en place pour rendre l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 socialement soutenable. Pire encore, jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 80, le d\u00e9veloppement de la comp\u00e9tition internationale ne mettait en comp\u00e9tition que les produits et les entreprises. Aujourd\u2019hui, non seulement tout ce que les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019\u00e9conomie avaient permis de construire sur le plan social, sous la pression des luttes des travailleurs, est en passe d\u2019\u00eatre d\u00e9mantel\u00e9 (ouverture de nouveaux march\u00e9s oblige) mais la comp\u00e9tition est aussi engag\u00e9e au niveau des r\u00e8gles sociales et fiscales des nations. Ainsi, les pays qui imposent le plus de charges \u00e0 leurs entreprises, au nom de la justice, de la protection de l\u2019environnement, de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, de la dignit\u00e9 des travailleurs, sont en position de faiblesse<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Le facteur social.<\/strong> Mettre sur le march\u00e9 des marchandises toujours moins ch\u00e8res n\u2019est pas toujours socialement profitable. \u00ab\u00a0<em>Un simple bilan mon\u00e9taire de ce qui est perdu ici et gagn\u00e9 l\u00e0 ne permet en rien une \u00e9valuation sociale d\u2019une politique commerciale. Combien vaut en effet le fait de maintenir la seule entreprise susceptible d\u2019employer les habitants d\u2019une petite ville\u00a0? Et combien valent les atteintes multiples \u00e0 l\u2019environnement ou la pression psychologique croissante sur les salari\u00e9s, favoris\u00e9es par une course effr\u00e9n\u00e9e \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0? La th\u00e9orie standard est singuli\u00e8rement muette sur ces co\u00fbts sociaux du libre-\u00e9change<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><strong>[14]<\/strong><\/a><\/em>.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le libre-\u00e9change implique une concurrence exacerb\u00e9e. Les marchandises et les capitaux se d\u00e9placent. Seul le travail reste fixe, et c\u2019est sur lui que va porter la recherche du moindre co\u00fbt\u00a0: on assiste alors \u00e0 des pressions consid\u00e9rables sur les salaires, les conditions de travail, la dur\u00e9e de travail, les prestations sociales. C\u2019est essentiellement sur le travailleur que va reposer le co\u00fbt de la lib\u00e9ralisation des \u00e9changes, la pr\u00e9carit\u00e9, la flexibilit\u00e9 se g\u00e9n\u00e9ralisent y compris dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Au nom de la concurrence.<\/p>\n<p><strong>La question de la souverainet\u00e9.<\/strong> Lorsqu\u2019un pays ouvre largement ses march\u00e9s aux produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, telles les c\u00e9r\u00e9ales, riz ou bl\u00e9 selon les pays, l\u2019huile ou le sucre, les producteurs locaux , s\u2019ils produisent \u00e0 des co\u00fbts plus \u00e9lev\u00e9s, devront alors laisser leurs champs en jach\u00e8re, rejoindre les cohortes de l\u2019exode rural, se tourner vers d\u2019autres productions (on les incitera alors \u00e0 se tourner vers des cultures d\u2019exportation, mais en ont-ils les moyens, se vendront-elles\u00a0?) ou encore \u00e0 vendre leurs terres aux investisseurs, nationaux ou \u00e9trangers. Mais d\u2019autres dangers se profilent. De quoi se nourriront tous les petits agriculteurs qui vivaient d\u2019agriculture de subsistance s\u2019ils ne sont plus en mesure de produire leur alimentation de base\u00a0et n\u2019ont pas les ressources mon\u00e9taires pour l\u2019acheter sur les march\u00e9s, m\u00eame \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs\u00a0? Quelle marge de man\u0153uvre aura un Etat qui d\u00e9pendra totalement ou majoritairement, pour l\u2019alimentation de base de ses populations, de produits d\u2019importation\u00a0pour s\u2019opposer \u00e0 un quelconque diktat, qu\u2019il soit d\u2019ordre \u00e9conomique, politique ou militaire\u00a0? Outre les d\u00e9g\u00e2ts sociaux du libre-\u00e9change, la question de la souverainet\u00e9 alimentaire est au c\u0153ur des rapports de force mondiaux<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Et bien \u00e9videmment, derri\u00e8re cela, c\u2019est la souverainet\u00e9 toute enti\u00e8re qui est en cause. Comment s\u2019opposer \u00e0 l\u2019ing\u00e9rence dans ses affaires int\u00e9rieures de l\u2019Etat duquel d\u00e9pend la satisfaction des besoins de base des populations ? C\u2019est donc toute la question des centres de d\u00e9cision qui est pos\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, quelle peut \u00eatre encore la marge de d\u00e9cision du conseiller communal, du d\u00e9put\u00e9, du ministre\u00a0? En bout de course, c\u2019est le droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames qui est remis en cause. En bon fran\u00e7ais, cela s\u2019appelle l\u2019imp\u00e9rialisme.<\/p>\n<p><strong>De la dictature des march\u00e9s au bien vivre<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9glementer ou d\u00e9r\u00e9glementer les \u00e9changes de marchandises et de capitaux ne saurait \u00eatre une fin en soi. Joseph Stiglitz, prix Nobel d\u2019\u00e9conomie et ex-vice-pr\u00e9sident de la Banque mondiale rappelait opportun\u00e9ment que \u00ab<em>\u00a0la lib\u00e9ralisation commerciale a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e par les pays riches pour les pays riches<\/em>\u00a0\u00bb. Ou, de fa\u00e7on plus juste, <em>par les riches des pays riches pour les riches des pays riches<\/em>. En r\u00e9alit\u00e9, tous les accords n\u00e9goci\u00e9s actuellement ne se contentent pas de r\u00e9glementer le commerce, mais interviennent sur tous les aspects de la vie \u00e9conomique.<\/p>\n<p>En effet, les protections douani\u00e8res ont d\u00e9j\u00e0 pratiquement \u00e9t\u00e9 lev\u00e9es, par cons\u00e9quent, ce dont on discute maintenant, c\u2019est de droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, d\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s publics, d\u2019environnement favorables aux affaires (comprenez exon\u00e9rations fiscales, droit de r\u00e9exportation des b\u00e9n\u00e9fices, acc\u00e9l\u00e9ration des proc\u00e9dures de cr\u00e9ation d\u2019entreprises, lots industriels viabilis\u00e9s, cl\u00e9s en main, etc.), de politique migratoire, de droit du travail, d\u2019environnement. Bref, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9construction de toutes les r\u00e9glementations qui pourraient freiner l\u2019expansion mondiale des multinationales et encadrer les politiques et les pratiques des investisseurs.<\/p>\n<p>John Hillary, parlant du Trait\u00e9 transatlantique, l\u2019exprime ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Le TTIP constitue non pas une n\u00e9gociation entre deux partenaires commerciaux concurrents, mais bien un coup port\u00e9 aux soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines par les entreprises transnationales d\u00e9sireuses de supprimer les barri\u00e8res qui r\u00e9gulent et r\u00e9glementent leurs activit\u00e9s<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><strong>[16]<\/strong><\/a>.<\/em>\u00a0\u00bb Il s\u2018agit d\u2019aboutir \u00e0 une nouvelle r\u00e9glementation mondiale, qui passe par-dessus les peuples, les Etats n\u2019ayant plus alors pour fonction que de la traduire en lois nationales et de r\u00e9primer ceux qui ne seraient pas d\u2019accord. Tel \u00e9tait le mandat de l\u2019OMC, mais ses r\u00e8gles de fonctionnement ont rendu le processus trop lent aux yeux des grands patrons. Ce sont donc maintenant les trait\u00e9s dits de libre-\u00e9change qui jouent cette fonction.<\/p>\n<p>Yannick Jadot, d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en, parlant du Trait\u00e9 transatlantique, d\u00e9crit ainsi le processus\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Cette nouvelle \u00e9tape de lib\u00e9ralisation concerne avant tout les cadres r\u00e9glementaires, c&rsquo;est-\u00e0-dire les r\u00e8gles, les normes, les droits qui r\u00e9gissent l&rsquo;\u00e9conomie et le vivre ensemble, et traduisent, bien souvent, des choix de soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9s d\u00e9mocratiquement<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><strong>[17]<\/strong><\/a>.<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat protectionnisme\/libre-\u00e9change est aujourd\u2019hui devenu obsol\u00e8te. Il ne saurait \u00eatre question, au XXIe si\u00e8cle moins qu\u2019avant, de rechercher une quelconque autarcie, ni de nier l\u2019int\u00e9r\u00eat des \u00e9changes. Mais il convient de poser un certain nombre de questions pr\u00e9alables\u00a0: \u00e0 quelles conditions peuvent-ils participer \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des populations\u00a0? Comment se r\u00e9partissent les fruits de ces \u00e9changes\u00a0? Permettent-ils de sauvegarder les ressources naturelles\u00a0? Les tenants de la mondialisation \u00a0lib\u00e9rale apportent une r\u00e9ponse unique \u00e0 toutes ces questions\u00a0: lib\u00e9raliser, dans le cadre d\u2019une loi unique s\u2019appliquant \u00e0 toute la plan\u00e8te. Or, en ce domaine comme en d\u2019autres, la pens\u00e9e unique ne peut qu\u2019engendrer la dictature, celle des march\u00e9s et de la finance en l\u2019occurrence. Nous pensons quant \u00e0 nous qu\u2019il est temps de dire non \u00e0 cette dictature et d\u2019apporter des r\u00e9ponses modul\u00e9es, en fonction des situations historiques et \u00e9conomiques, des climats et des modes de vie, des modes de production, mais ayant toutes un point commun\u00a0: chercher \u00e0 satisfaire les besoins des populations et leurs aspirations, dans le cadre d\u2019un usage raisonn\u00e9 et raisonnable des ressources naturelles, du respect de la nature et de l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie de tous. Ce pourrait \u00eatre ce que les soci\u00e9t\u00e9s andines appellent le \u00ab\u00a0bien-vivre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-du-grain-a-moudre-accords-de-libre-echange-la-mondialisation-en-pire-en-partenariat-avec-al<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> UE d\u00e9sormais.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> C\u2019est ainsi l\u2019Equateur se trouve accul\u00e9 \u00a0par l\u2019UE \u00e0 signer un accord de libre-\u00e9change UE\/Colombie\/P\u00e9rou\/Equateur, sans aucune marge de n\u00e9gociation. C\u2019est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser. Et s\u2019il laisse, l\u2019UE n\u2019ach\u00e8te plus rien \u00e0 l\u2019Equateur. Cet exemple illustre bien jusqu\u2019o\u00f9 peuvent mener les d\u00e9s\u00e9quilibres entre n\u00e9gociateurs.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. Adam Smith (1723-1790) et David Ricardo (1772-1823)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> La mobilit\u00e9 de la production, sous forme de marchandises s\u2019accompagne d\u2019une tr\u00e8s forte mobilit\u00e9 transnationale des facteurs qui y participent (capital et travail).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> L\u2019Organisation mondiale de commerce \u00a0succ\u00e8de au GATT \u00e0 partir de 1995. Elle \u00e9largit le cadre du commerce mondial des marchandises \u00e0 toutes sortes de services, dans le cadre de l\u2019AGCS\u00a0: l\u2019Accord G\u00e9n\u00e9ral sur le Commerce des Services.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> En 1997, un mouvement de d\u00e9fiance des d\u00e9tenteurs de capitaux est parti des bourse locales pour s\u2019\u00e9tendre au r\u00e9seau bancaire, puis il s\u2019internationalisera \u00e0 toute la r\u00e9gion asiatique et \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique latine.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> A la diff\u00e9rence des investissements de portefeuille, simples placements sp\u00e9culatifs mentionn\u00e9s dans le paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent, les IDE sont suppos\u00e9s permettre le transfert de technologie et faire \u00e9voluer l\u2019avantage comparatif et les sp\u00e9cialisations. Or, les IDE sont surtout une affaire entre le Nord et le Nord\u00a0: en 2002, les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont accueilli pr\u00e8s de 80% des flux, les USA \u00e9tant le premier pays d\u2019accueil (CNUCED). Concernant les pays en d\u00e9veloppement, les IDE ne sont attir\u00e9s que par les destinations <em>\u00a0rentables<\/em>, Chine, pays \u00e9mergents,&#8230; au d\u00e9triment des pays qui en auraient le plus besoin. La rentabilit\u00e9 \u00e9conomique n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif et la satisfaction des besoins des populations\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> C\u2019est ainsi qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9s la BMCE (Banque), la CTM (Transport), la Samir et la SCP (P\u00e9trole), la CNIA (Assurances), CIOR (Cimenterie), Maroc-T\u00e9l\u00e9com, la R\u00e9gie des Tabacs, SOMACA (automobile), les r\u00e9gies de distribution de l\u2019eau et \u00e9lectricit\u00e9 des grandes villes du pays, pour ne citer que quelques-unes des entreprises publiques pass\u00e9es aux mains du priv\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> L\u2019UE et les USA repr\u00e9sentent conjointement 10% de la population mondiale et totalisent pr\u00e8s \u00a0de 40% du commerce mondial et plus de 60% du PIB mondial. Source\u00a0: Commission europ\u00e9enne, L\u2019Union <em>europ\u00e9enne et les Etats-Unis, des partenaires mondiaux, des responsabilit\u00e9s mondiales<\/em>, s.d., <u>eeas.europa.eu\/us\/docs\/infopack_06_fr.pdf<\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Claudio Katz, Sous l\u2019empire du capital: l\u2019imp\u00e9rialisme au XXIe si\u00e8cle, Qu\u00e9bec, M \u00e9diteur, 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Les disparit\u00e9s r\u00e9gionales aussi puisque le PIB par habitant est pass\u00e9 de 1100 dollars en 1980 \u00e0 1422 en 2002 en Afrique du Nord, alors qu\u2019en Asie il passait dans le m\u00eame temps de 5800 $ \u00e0 16 000 $ (voir\u00a0: Ecoflash, nov. 2002)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Jacques G\u00e9n\u00e9reux, Laisser faire ou laisser passer, il faut choisir. In Alternatives \u00e9conomiques, 201, mars 2002.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> D\u2019ailleurs les pays industrialis\u00e9s ont bien compris l\u2019enjeu de l\u2019ind\u00e9pendance alimentaire, qui est au c\u0153ur de La Politique Agricole Commune de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> John Hillary, Le partenariat transatlantique de commerce et d\u2019investissement: une charte d\u00e9r\u00e9gulatrice, une offensive contre l\u2019emploi, la fin de la d\u00e9mocratie, Bruxelles, Rosa Luxemburg Stiftung, 2014<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/yannick-jadot\/visite-hollande-obama_b_4759593.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.huffingtonpost.fr\/yannick-jadot\/visite-hollande-obama_b_4759593.html<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le libre-\u00e9change dans le contexte de la mondialisation lib\u00e9rale Lucile Daumas &nbsp; D\u2019Est en Ouest, du Nord au Sud, se n\u00e9gocient des accords de libre-\u00e9change (ALE). Le monde semble pris de fr\u00e9n\u00e9sie. Que l\u2019on en juge\u00a0: en janvier 2012, le Comit\u00e9 des accords de libre-\u00e9change r\u00e9gionaux de l\u2019OMC recensait, de par le monde, plus de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":814,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[67],"class_list":["post-792","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-publications","tag-accords-de-libre-echange"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/792","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=792"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/792\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":815,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/792\/revisions\/815"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/814"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=792"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=792"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=792"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}