{"id":2469,"date":"2026-10-08T23:14:40","date_gmt":"2026-10-08T22:14:40","guid":{"rendered":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/?p=2469"},"modified":"2026-10-08T23:14:40","modified_gmt":"2026-10-08T22:14:40","slug":"une-femme-au-sommet-et-lordre-demeure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/2026\/10\/08\/une-femme-au-sommet-et-lordre-demeure\/","title":{"rendered":"Une femme au sommet, et l\u2019ordre demeure"},"content":{"rendered":"<p>Une femme \u00e0 la t\u00eate du gouvernement. Les applaudissements fusent, l\u2019indignation aussi. Jusque dans leurs d\u00e9saccords, nombre de r\u00e9actions se rejoignent : elles regardent son entrejambe avant de regarder sa politique. Nous pourrions consacrer un papier \u00e0 son genre, puis passer \u00e0 son programme. Mais son genre reviendra \u00e0 chaque discours, \u00e0 chaque d\u00e9cision, \u00e0 chaque faux pas. Une femme au pouvoir reste une femme \u00e0 qui nous rappelons qu\u2019elle est une femme.<\/p>\n<p>Faut-il, pour combattre cette obsession sexiste, applaudir sa nomination sans r\u00e9serve ? La question f\u00e9ministe m\u00e9rite mieux que cette alternative. Elle exige de regarder ce qui change au sommet et ce qui demeure dans l\u2019ordre du pouvoir.<\/p>\n<p><strong>Une premi\u00e8re en guise de bilan, une r\u00e9ussite \u00e0 applaudir\u00a0?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri comme premi\u00e8re femme cheffe du gouvernement marocain marque un pr\u00e9c\u00e9dent national. Elle ne fait toutefois pas du Maroc le premier pays \u00ab arabe \u00bb \u00e0 confier cette fonction \u00e0 une femme : Najla Bouden avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e en Tunisie d\u00e8s septembre 2021. Le rappeler peut froisser un pays si soucieux d\u2019appara\u00eetre comme le meilleur \u00e9l\u00e8ve. Le r\u00e9cit national affectionne les superlatifs : centrales solaires, stades, tours\u2026 Toujours plus grand, toujours plus haut, toujours premier. Une femme \u00e0 la t\u00eate du gouvernement peut d\u00e9sormais rejoindre ce palmar\u00e8s et devenir, \u00e0 son tour, un argument de modernit\u00e9.\u00a0Mais le danger commence lorsque l\u2019image tient lieu de bilan. Face aux revendications d\u2019\u00e9galit\u00e9, cette nomination pourra \u00eatre brandie comme une r\u00e9ponse suffisante : une femme dirige le gouvernement, le progr\u00e8s serait donc acquis. L\u2019exception occupe tout le cadre ; les conditions de vie de la majorit\u00e9 des femmes en sortent. Nous exposons la r\u00e9ussite au sommet et nous cachons le soleil avec un tamis.<\/p>\n<p>Les plafonds de verre, les parois de verre et les planchers collants ne disparaissent pourtant pas parce qu\u2019une femme leur \u00e9chappe. Voir l\u2019une acc\u00e9der \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 peut ouvrir les imaginaires. Mais les portes qu\u2019elle franchit peuvent se refermer derri\u00e8re elle, laissant les m\u00eames r\u00e8gles et les m\u00eames privil\u00e8ges en place. Compter les femmes dans les institutions ne dit encore rien des int\u00e9r\u00eats qu\u2019elles y d\u00e9fendent, des ressources qu\u2019elles redistribuent ou des injustices auxquelles elles s\u2019opposent.<\/p>\n<p>Une femme peut d\u00e9sormais \u00eatre pilote, astronaute, cheffe du gouvernement. Tr\u00e8s bien. Revenons sur terre, jusque dans ce Maroc que les r\u00e9cits de r\u00e9ussite laissent hors champ. L\u00e0 o\u00f9 une fille est retir\u00e9e de l\u2019\u00e9cole et mari\u00e9e de force. O\u00f9 des femmes travaillent dans les champs, les mines ou les usines sans protection. O\u00f9 se soigner exige un transport introuvable ou une d\u00e9pense impossible, et o\u00f9 donner la vie peut encore co\u00fbter la sienne. L\u00e0 o\u00f9 des femmes travaillent toute la journ\u00e9e sans disposer d\u2019un revenu \u00e0 elles ni du pouvoir de d\u00e9cider de leur propre existence. Leur quotidien m\u00e9rite davantage qu\u2019une place en bas de page dans le r\u00e9cit du progr\u00e8s. C\u2019est pourtant le tour de force du f\u00e9minisme lib\u00e9ral dans sa version \u00e9litaire et n\u00e9olib\u00e9rale : faire d\u2019une r\u00e9ussite individuelle une promesse collective, sans toucher aux structures qui en r\u00e9servent les moyens \u00e0 quelques-unes. La mise en lumi\u00e8re de l\u2019exception s\u2019accompagne de l\u2019invisibilisation des autres femmes ; les injustices qu\u2019elles subissent sont balay\u00e9es sous le tapis.<\/p>\n<p>Dans cette histoire, le m\u00e9rite prend toute la lumi\u00e8re. Le patrimoine, les r\u00e9seaux familiaux et partisans, les dipl\u00f4mes, la ma\u00eetrise des langues valoris\u00e9es et la proximit\u00e9 avec les centres de d\u00e9cision restent en coulisses. Ces ressources p\u00e8sent dans l\u2019acc\u00e8s au pouvoir, quel que soit le genre des personnes qui en b\u00e9n\u00e9ficient. Mais lorsqu\u2019une femme les franchit, les applaudissements deviennent une injonction : il faudrait s\u2019en r\u00e9jouir au nom de toutes. Son ascension devient celle des \u00ab femmes \u00bb, comme si son genre effa\u00e7ait sa position sociale, ses alliances et les int\u00e9r\u00eats qu\u2019elle repr\u00e9sente. Pourtant, une femme peut gouverner dans la continuit\u00e9 d\u2019un ordre qui pr\u00e9serve les privil\u00e8ges. Pr\u00e9senter son arriv\u00e9e comme une victoire pour toutes, c\u2019est alors demander \u00e0 celles qui portent le poids de cet ordre d\u2019applaudir sa nouvelle figure.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les applaudissements, les in\u00e9galit\u00e9s ont leurs chiffres. Selon le Haut-Commissariat au Plan, en 2025, le taux d\u2019activit\u00e9 des femmes \u00e9tait de 19 %, contre 68,5 % pour les hommes, et le ch\u00f4mage touchait 20,5 % des femmes actives. Autrement dit, l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 du travail reste \u00e9troit, et y entrer ne garantit m\u00eame pas d\u2019y trouver un emploi. Encore faut-il regarder ce que recouvre l\u2019emploi. Le salaire, les horaires, la stabilit\u00e9, la protection sociale font toute la diff\u00e9rence entre gagner en autonomie et travailler pour tenir jusqu\u2019au lendemain. En 2024,\u00a061,5 % des femmes en emploi ne b\u00e9n\u00e9ficiaient pas d\u2019une couverture m\u00e9dicale li\u00e9e \u00e0 leur activit\u00e9 professionnelle, selon le HCP. De plus, le faible taux d\u2019activit\u00e9 reconnu ne signifie pourtant pas que les autres femmes passent leurs journ\u00e9es sans travailler, tout comme il ne faut pas oublier le travail informel. Le recensement de 2024 \u00e9tablit le taux d\u2019analphab\u00e9tisme \u00e0\u00a032,4 % dans la population f\u00e9minine de dix ans et plus. La m\u00eame ann\u00e9e,\u00a035,1 % des jeunes femmes de 15 \u00e0 24 ans n\u2019\u00e9taient ni en emploi, ni en \u00e9tudes, ni en formation. Derri\u00e8re les trajectoires c\u00e9l\u00e9br\u00e9es, d\u2019autres restent entrav\u00e9es d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9galit\u00e9 en vitrine, la domination en coulisses\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Dans la lecture que nous d\u00e9fendons, El Mansouri incarne une bourgeoisie politique install\u00e9e au c\u0153ur des r\u00e9seaux de pouvoir. Son ascension participe \u00e0 une reproduction oligarchique des \u00e9lites que la nouveaut\u00e9 de son genre ne suffit pas \u00e0 interrompre. Le conservatisme politique peut parfaitement s\u2019accommoder d\u2019une image de modernit\u00e9 : il se manifeste aussi dans la pr\u00e9servation des privil\u00e8ges, des hi\u00e9rarchies et des conditions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la d\u00e9cision. Encore faut-il examiner le pouvoir auquel elle acc\u00e8de. Au Maroc, la fonction de cheffe du gouvernement s\u2019inscrit dans une architecture institutionnelle o\u00f9 la monarchie conserve une place centrale. Une analyse politique doit regarder les pr\u00e9rogatives de la fonction, les contraintes de coalition et les lieux o\u00f9 se prennent les d\u00e9cisions. Ces contraintes doivent \u00eatre examin\u00e9es au m\u00eame titre que ses responsabilit\u00e9s propres. Son bilan appelle donc des questions concr\u00e8tes. Quelles d\u00e9cisions prises au cours de son parcours permettent de pr\u00e9senter sa nomination comme une avanc\u00e9e pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 ? Au Minist\u00e8re de l&rsquo;am\u00e9nagement du territoire national, de l&rsquo;urbanisme, de l&rsquo;habitat et de la politique de la ville, comment les effets des politiques publiques sur les femmes ont-ils \u00e9t\u00e9 pris en compte ? Quelle place a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la parole des habitantes ? Quelles r\u00e9ponses ont \u00e9t\u00e9 apport\u00e9es aux besoins des femmes du Haouz ? C\u2019est sur ce terrain qu\u2019un bilan doit \u00eatre d\u00e9fendu, avec des d\u00e9cisions, des moyens et des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Interroger ce bilan n\u2019autorise aucun proc\u00e8s sexiste en comp\u00e9tence. Une femme n\u2019a pas \u00e0 justifier sa pr\u00e9sence l\u00e0 o\u00f9 celle d\u2019un homme para\u00eet aller de soi. Mais l\u2019\u00e9galit\u00e9 implique aussi la possibilit\u00e9 de lui demander des comptes. Les conditions d\u2019acc\u00e8s au pouvoir font partie de cet examen. En outre, toute accusation de pratique \u00e9lectorale irr\u00e9guli\u00e8re appelle des v\u00e9rifications et, si les faits sont \u00e9tablis, des responsabilit\u00e9s. Une nomination historique ne saurait clore cette discussion ni dispenser le parti victorieux de r\u00e9pondre aux critiques. Ce qui s\u2019est produit \u00e0 Tanger m\u00e9rite davantage qu\u2019un haussement d\u2019\u00e9paules. Le traiter comme un d\u00e9tail au milieu des f\u00e9licitations, c\u2019est faire de l\u2019exigence d\u00e9mocratique la premi\u00e8re sacrifi\u00e9e sur l\u2019autel du symbole.<\/p>\n<p>La c\u00e9l\u00e9bration du symbole d\u00e9borde aussi les fronti\u00e8res. Le pr\u00e9sident de l\u2019entit\u00e9 sioniste, Isaac Herzog, a salu\u00e9 cette nomination tout en faisant l\u2019\u00e9loge du rapprochement avec le Maroc. Nous pouvons lire dans cette articulation la mise au service de la normalisation d\u2019un symbole de repr\u00e9sentation f\u00e9minine : une femme acc\u00e8de au pouvoir, et une alliance politique se pare des couleurs du progr\u00e8s. Un f\u00e9minisme anticolonial ne saurait recevoir ces applaudissements comme une cons\u00e9cration. Que vaut un discours sur l\u2019\u00e9mancipation lorsqu\u2019il s\u2019accommode de l\u2019oppression du peuple palestinien ? Les droits des femmes ne doivent servir ni de caution \u00e0 la domination coloniale ni de vitrine \u00e0 sa normalisation.<\/p>\n<p>Cette exigence de coh\u00e9rence vaut aussi \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays. Les violences exerc\u00e9es contre les jeunes femmes de la GenZ interrogent la place r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 celles qui contestent les r\u00e8gles du jeu. Quelle \u00e9mancipation c\u00e9l\u00e9brons-nous si la reconnaissance accord\u00e9e aux unes s\u2019accompagne de la r\u00e9pression des autres ? Les femmes qui r\u00e9clament des services publics, des libert\u00e9s et de la justice sociale font elles aussi de la politique. Leur capacit\u00e9 \u00e0 agir m\u00e9rite autant d\u2019attention que la carri\u00e8re de celles qui gouvernent. Les militantes engag\u00e9es dans les mobilisations sociales existent et leur participation ne doit pas \u00eatre effac\u00e9e. La critique vise cette fraction des \u00e9lites pour laquelle la reconnaissance institutionnelle finit par fixer les limites de l\u2019engagement.<\/p>\n<p>Reste l\u2019argument des petites filles : il faudrait applaudir, au moins pour leur donner un mod\u00e8le. Certes, il est plus difficile de se projeter dans une fonction dont les femmes ont longtemps \u00e9t\u00e9 exclues. Mais quel horizon leur proposons-nous ? Apr\u00e8s les histoires de princesses, faudrait-il leur vendre le r\u00eave de diriger un syst\u00e8me sans leur apprendre \u00e0 en interroger les injustices ? Faudrait-il leur enseigner que la r\u00e9ussite se mesure \u00e0 la place occup\u00e9e dans la hi\u00e9rarchie, quels que soient les compromis consentis pour y acc\u00e9der ? Nous devons refuser de faire de cette ambition un id\u00e9al f\u00e9ministe. Si le r\u00eave consiste \u00e0 si\u00e9ger au sommet d\u2019un ordre qui perp\u00e9tue les dominations, nous n\u2019y trouvons aucun motif de fiert\u00e9. Refuser d\u2019y \u00eatre associ\u00e9es constitue un acte politique. Les petites filles m\u00e9ritent des horizons plus vastes et plus dignes. Elles doivent pouvoir se projeter dans une vie libre, prendre la parole, s\u2019organiser, manifester et transformer les institutions, en s\u00e9curit\u00e9, sans subir de violences et sans que leurs revendications soient trait\u00e9es comme un bruit de fond.<\/p>\n<p>Une femme cheffe de gouvernement ne garantit nullement l\u2019ouverture des horizons ; elle peut m\u00eame accompagner des politiques qui les referment. En Italie, en avril 2024, la majorit\u00e9 de Giorgia Meloni a fait adopter une disposition permettant l\u2019intervention de groupes anti-avortement dans les centres publics de consultation familiale. Les contextes diff\u00e8rent, mais cet exemple rappelle qu\u2019une dirigeante peut exercer son pouvoir \u00e0 rebours des luttes pour l\u2019autonomie des femmes. Le genre ne tient lieu ni de conviction ni de programme. Pr\u00eater aux femmes une mani\u00e8re naturellement plus juste ou plus bienveillante de gouverner, c\u2019est encore leur assigner une suppos\u00e9e nature l\u00e0 o\u00f9 il faut examiner des choix politiques.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9noncer le sexisme, maintenir la critique<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame celles qui acc\u00e8dent aux responsabilit\u00e9s restent expos\u00e9es au rappel \u00e0 l\u2019ordre sexiste. Nous leur demandons d\u2019adopter les codes d\u2019un pouvoir longtemps fa\u00e7onn\u00e9 sans elles, puis nous leur reprochons de manquer de douceur ou de f\u00e9minit\u00e9. Qu\u2019elles s\u2019en \u00e9cartent, et leur autorit\u00e9 devient suspecte. Le pi\u00e8ge se referme dans les deux sens : trop \u00ab masculine \u00bb pour \u00eatre une femme convenable, trop \u00ab f\u00e9minine \u00bb pour gouverner s\u00e9rieusement.<\/p>\n<p>Le v\u00eatement, la coiffure, la voix, la mani\u00e8re de saluer deviennent alors des pi\u00e8ces \u00e0 charge. Qui garde en m\u00e9moire la couleur de la djellaba des pr\u00e9c\u00e9dents chefs du gouvernement lors de leur nomination, leur coiffure ou leur fa\u00e7on de faire la bise ? Leur apparence a pu \u00eatre comment\u00e9e ; elle n\u2019a pas servi avec la m\u00eame insistance \u00e0 juger l\u2019aptitude des hommes \u00e0 gouverner. Pour une femme, le d\u00e9tail devient vite un verdict. Aux hommes, la pr\u00e9somption d\u2019\u00eatre \u00e0 leur place ; aux femmes, l\u2019obligation de surveiller jusqu\u2019\u00e0 leur mani\u00e8re de l\u2019occuper. Dans les affaires publiques, aux hommes, l\u2019\u00eatre ; aux femmes, le para\u00eetre ; aux personnes non binaires, malheureusement, l\u2019injonction \u00e0 dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Soyons claires : nous n\u2019avons pas \u00e0 applaudir El Mansouri pour d\u00e9noncer les violences sexistes qui la visent. Nous pouvons combattre sa politique et refuser que nous nous en prenions \u00e0 son corps, \u00e0 sa vie priv\u00e9e, \u00e0 sa libert\u00e9. Notre solidarit\u00e9 ne d\u00e9pend pas de sa carte de parti. Qu\u2019elle r\u00e9ponde de ses d\u00e9cisions. Qu\u2019elle n\u2019ait pas \u00e0 r\u00e9pondre de toutes les femmes. Aziz Akhannouch, Abdelilah Benkirane ou Saad Dine El Otmani\u00a0ont pu \u00e9chouer sans que leurs \u00e9checs deviennent ceux de la masculinit\u00e9. Pour elle, les explications sexistes sont d\u00e9j\u00e0 disponibles : les hormones, l\u2019absence de voile, une embrassade, une tenue. M\u00eame la s\u00e9cheresse pourrait trouver sa coupable. Et, \u00e0 travers elle, toutes les femmes seraient somm\u00e9es de reconna\u00eetre qu\u2019elles auraient mieux fait de rester \u00e0 leur place.<\/p>\n<p>Car ces attaques ont une port\u00e9e collective : humilier l\u2019une pour intimider les autres. \u00c0 celles qui veulent prendre la parole, manifester ou gouverner, elles adressent un avertissement : voil\u00e0 ce qui vous attend. Nous ne laisserons pas le d\u00e9saccord politique servir de permis de harceler. Mais El Mansouri ne pourra pas davantage se servir de ces violences pour \u00e9chapper \u00e0 la critique. Elle peut subir le patriarcat et contribuer \u00e0 son maintien, \u00eatre attaqu\u00e9e comme femme et gouverner au service des privil\u00e8ges. Les responsabilit\u00e9s demeurent, m\u00eame sous les insultes.<\/p>\n<p>Nous d\u00e9noncerons le sexisme qui cherche \u00e0 la faire taire. Nous d\u00e9noncerons aussi les politiques qui exploitent, pr\u00e9carisent et r\u00e9priment les autres. Elle a choisi d\u2019exercer ce pouvoir ; elle devra en rendre compte.\u00a0Notre solidarit\u00e9 face au sexisme n\u2019est pas un serment d\u2019all\u00e9geance au pouvoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Oumaima Jmad<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une femme \u00e0 la t\u00eate du gouvernement. Les applaudissements fusent, l\u2019indignation aussi. Jusque dans leurs d\u00e9saccords, nombre de r\u00e9actions se rejoignent : elles regardent son entrejambe avant de regarder sa politique. Nous pourrions consacrer un papier \u00e0 son genre, puis passer \u00e0 son programme. Mais son genre reviendra \u00e0 chaque discours, \u00e0 chaque d\u00e9cision, \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":2470,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[37],"tags":[104,2708,2707,2703,318],"class_list":["post-2469","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-medias","tag-attac-maroc","tag-cheffe-du-gouvernement","tag-elections","tag-elections-legislatives","tag-feminisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2469","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2469"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2469\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2471,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2469\/revisions\/2471"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2470"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2469"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2469"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2469"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}