{"id":1653,"date":"2025-05-14T21:45:13","date_gmt":"2025-05-14T20:45:13","guid":{"rendered":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/?p=1653"},"modified":"2025-05-14T21:45:15","modified_gmt":"2025-05-14T20:45:15","slug":"le-travail-domestique-pour-une-lutte-feministe-contre-le-capitalisme-patriarcal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/2025\/05\/14\/le-travail-domestique-pour-une-lutte-feministe-contre-le-capitalisme-patriarcal\/","title":{"rendered":"Le travail domestique : pour une lutte f\u00e9ministe contre le capitalisme patriarcal"},"content":{"rendered":"\n<p>Cette ann\u00e9e, la mobilisation traditionnelle du 1er mai, Journ\u00e9e internationale des travailleuses et des travailleurs, s\u2019est distingu\u00e9e par une nouveaut\u00e9\u00a0\u00e0 Casablanca : l\u2019Association Tahadi pour l\u2019\u00c9galit\u00e9 et la Citoyennet\u00e9 (ATEC), organisation f\u00e9ministe, a rejoint la manifestation de la Conf\u00e9d\u00e9ration D\u00e9mocratique du Travail (CDT) pour lancer une campagne de sensibilisation autour du travail domestique. \u00c9labor\u00e9e en partenariat avec ONU Femmes, cette initiative met en lumi\u00e8re un travail largement assum\u00e9 par les femmes, invisibilis\u00e9 et d\u00e9valoris\u00e9, et appelle \u00e0 une r\u00e9partition \u00e9quitable de cette charge au sein du foyer ainsi qu\u2019\u00e0 la reconnaissance de sa valeur \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/nasa.jpg\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"867\" height=\"650\" src=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/nasa.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1654\" srcset=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/nasa.jpg 867w, https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/nasa-300x225.jpg 300w, https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/nasa-768x576.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 867px) 100vw, 867px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans le contexte actuel de r\u00e9forme de la Moudawana, une telle reconnaissance devrait, selon l\u2019association, pouvoir ouvrir la voie au partage des biens en cas de divorce, \u00e0 travers l\u2019int\u00e9gration du travail domestique dans l\u2019\u00e9valuation des contributions au sein du couple (aujourd\u2019hui au Maroc, les femmes effectuent en moyenne 5h de travail domestique par jour, contre 43 minutes pour les hommes<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Le cort\u00e8ge d\u2019ATEC, compos\u00e9 de femmes et d\u2019hommes v\u00eatus de tabliers de cuisine d\u00e9crivant la fiche de poste de la femme au foyer, a scand\u00e9 des slogans forts tels que : \u00ab Pour l\u2019homme comme pour la femme, le travail domestique n\u2019est pas une <em>hogra<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9sence de revendications f\u00e9ministes port\u00e9es par une structure non syndicale au sein d\u2019une manifestation du 1er mai demeure un fait rare au Maroc. Bien que les travailleuses soient nombreuses dans les cort\u00e8ges syndicaux, leurs besoins sp\u00e9cifiques en tant que femmes restent largement absents des discours et des revendications des centrales syndicales. De plus, l\u2019organisation fragment\u00e9e du 1er mai \u2013 chaque syndicat tenant sa propre manifestation \u2013 rend difficile l\u2019int\u00e9gration d\u2019autres dynamiques de la soci\u00e9t\u00e9 (associations, mouvements de protestation, coordinations, etc\u2026) comme les associations f\u00e9ministes. Par ailleurs, ces derni\u00e8res privil\u00e9gient davantage le travail de plaidoyer \u00e0 la mobilisation de rue.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi la d\u00e9marche d\u2019ATEC m\u00e9rite d\u2019\u00eatre salu\u00e9e. En participant au 1<sup>er<\/sup> mai, l\u2019association s\u2019attaque \u00e0 la \u00ab naturalisation \u00bb du travail domestique (c\u2019est-\u00e0-dire son essentialisation comme travail f\u00e9minin) pour en faire un v\u00e9ritable enjeu social. ATEC affirme ainsi avec force que le travail, sous toutes ses formes, est un terrain de lutte f\u00e9ministe, et qu\u2019il doit \u00eatre valoris\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat suscit\u00e9 par cette initiative et la couverture m\u00e9diatique qui en a d\u00e9coul\u00e9 peuvent contribuer \u00e0 bousculer les sch\u00e9mas patriarcaux rigides, tant dans la soci\u00e9t\u00e9 que dans les structures du mouvement ouvrier. Il appartient d\u00e9sormais aux organisations syndicales de s\u2019emparer de ces enjeux essentiels si elles souhaitent r\u00e9ellement mobiliser les travailleuses dans leurs rangs.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion ainsi que l\u2019action autour du travail domestique doivent toutefois \u00eatre \u00e9largies, dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019offensive capitaliste n\u00e9olib\u00e9rale accentue le fardeau des t\u00e2ches domestiques assum\u00e9es par les femmes, en particulier les femmes des classes populaires. Il est donc n\u00e9cessaire de d\u00e9passer le cadre lib\u00e9ral d\u00e9fendu par les institutions internationales comme l\u2019ONU, qui enferme ce travail dans la sph\u00e8re priv\u00e9e et les relations familiales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La reproduction sociale, condition structurelle de l\u2019accumulation capitaliste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question du travail domestique fait partie int\u00e9grante de la r\u00e9flexion et des revendications port\u00e9es par les f\u00e9ministes issues des courants qui analysent l\u2019oppression des femmes d\u2019un point de vue de classe depuis les ann\u00e9es 1970, d\u2019abord en Occident, puis plus r\u00e9cemment dans le Sud global. En \u00e9tendant l\u2019analyse marxiste de la production capitaliste \u00e0 la sph\u00e8re domestique, des autrices militantes telles que Leopoldina Fortunati, Mariarosa Dalla Costa, Silvia Federici, ou Selma James ont pos\u00e9 les bases de la th\u00e9orie de la reproduction sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette approche met en lumi\u00e8re le r\u00f4le fondamental du travail reproductif \u2013 qui englobe le travail domestique, la procr\u00e9ation et les soins \u2013 dans la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste. Elle r\u00e9v\u00e8le que le foyer est le \u00ab&nbsp;centre n\u00e9vralgique&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> de production de la force de travail, cette marchandise essentielle \u00e0 l\u2019accumulation capitaliste. Silvia Federici<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> souligne que, bien qu\u2019il soit per\u00e7u comme une activit\u00e9 individuelle et priv\u00e9e, le travail reproductif constitue en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab&nbsp;une forme de travail social&nbsp;\u00bb cr\u00e9atrice de valeur, qui \u00ab&nbsp;permet d\u2019extraire davantage de force de travail des travailleurs apr\u00e8s que celle-ci a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019incorporation du travail m\u00e9nager des femmes&nbsp;\u00bb, fournissant ainsi aux capitalistes \u00ab&nbsp;deux travailleurs pour le prix d\u2019un&nbsp;\u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u2019autres termes, le capitalisme repose structurellement sur le travail domestique, dont les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires sont les capitalistes eux-m\u00eames, \u00ab&nbsp;qui ont \u00e9conomis\u00e9 des milliards gr\u00e2ce au travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 effectu\u00e9 par des g\u00e9n\u00e9rations de femmes&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, la Campagne du salaire au travail m\u00e9nager (Wages for Housework Campaign) a introduit pour la premi\u00e8re fois ces enjeux dans le d\u00e9bat public, aux Etats-Unis et en Italie. Son objectif&nbsp;: exposer les m\u00e9canismes sur lesquels s\u2019appuie le syst\u00e8me capitaliste, \u00e0 savoir la quantit\u00e9 de travail qu\u2019il extraie et qu\u2019il exploite gratuitement. Avec des slogans tels que \u00ab&nbsp;Ils disent que c\u2019est de l\u2019amour, nous disons que c\u2019est du travail non pay\u00e9&nbsp;\u00bb, les f\u00e9ministes ont men\u00e9 la lutte pour la r\u00e9duction du temps de travail, mais \u00e9galement pour un revenu de base et pour l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des services publics comme les cr\u00e8ches.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Tithi Bhattacharya, la th\u00e9orie de la reproduction sociale invite \u00e0 \u00e9largir notre conception de la classe ouvri\u00e8re au-del\u00e0 des seuls travailleurs et travailleuses r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Cette perspective permet d\u2019\u00e9tendre le terrain de la lutte au-del\u00e0 des seules revendications de hausses salariales ou d\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail, afin de rompre avec des d\u00e9cennies de r\u00e9ductionnisme \u00e9conomique. Une telle relecture s\u2019impose d\u2019autant plus \u00e0 l\u2019\u00e8re du n\u00e9olib\u00e9ralisme, o\u00f9 l\u2019offensive du capital d\u00e9passe largement le cadre du travail productif \u2014 par exemple \u00e0 travers les attaques contre les droits des salari\u00e9\u00b7es et la r\u00e9pression syndicale \u2014 pour s\u2019\u00e9tendre \u00e0 la sph\u00e8re de la reproduction sociale\u00a0: les politiques d\u2019ajustement structurel et d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, telles que la privatisation des services publics ou la lib\u00e9ralisation des prix des biens essentiels, en sont des manifestations concr\u00e8tes.<a id=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg.jpg\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"645\" src=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg-1024x645.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1655\" srcset=\"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg-1024x645.jpg 1024w, https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg-300x189.jpg 300w, https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg-768x484.jpg 768w, https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/gg.jpg 1440w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La gr\u00e8ve f\u00e9ministe&nbsp;: quand les femmes s\u2019arr\u00eatent, le monde s\u2019arr\u00eate<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si le travail domestique constitue l\u2019un des piliers invisibles de l\u2019\u00e9conomie capitaliste, il doit \u00e9galement \u00eatre plac\u00e9 au centre des luttes pour l\u2019\u00e9mancipation du travail dans son ensemble. C\u2019est dans cette perspective qu\u2019est n\u00e9e l\u2019id\u00e9e de la gr\u00e8ve f\u00e9ministe comme point de convergence strat\u00e9gique. Reprise et r\u00e9invent\u00e9e par les f\u00e9ministes de la quatri\u00e8me vague \u2013 apparue au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010 en r\u00e9action aux violences sexistes et sexuelles \u2013 la gr\u00e8ve est devenue un outil de mobilisation puissant.<\/p>\n\n\n\n<p>En Am\u00e9rique du Sud, l\u2019un des foyers les plus dynamiques de cette nouvelle vague f\u00e9ministe, les gr\u00e8ves du 8 mars ont conjugu\u00e9 massivit\u00e9 et radicalit\u00e9. Ces mobilisations ont permis de mettre en lien les violences de genre avec les logiques d\u2019accumulation capitaliste&nbsp;: la gr\u00e8ve f\u00e9ministe visibilise ainsi les formes de travail pr\u00e9caires, informelles, domestiques, migrantes qui sont aujourd\u2019hui au c\u0153ur des nouveaux m\u00e9canismes d\u2019exploitation et d\u2019extraction de valeur propres \u00e0 la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale. Ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces formes de travail qui alimentent la pr\u00e9carisation croissante des conditions de vie de la majorit\u00e9 des populations \u00e0 travers le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour une perspective v\u00e9ritablement \u00e9mancipatrice sur le travail des femmes au Maroc<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le combat f\u00e9ministe autour du travail domestique ne peut se limiter \u00e0 la revendication d\u2019une simple \u00e9galit\u00e9 au sein du foyer. Il doit s\u2019attaquer aux m\u00e9canismes structurels qui sous-tendent l\u2019exploitation des femmes, tant dans la sph\u00e8re priv\u00e9e que dans la sph\u00e8re publique. Cette lutte ne peut \u00eatre dissoci\u00e9e d\u2019un combat plus large pour l\u2019am\u00e9lioration globale des conditions de vie des femmes, en particulier celles des classes populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le capitalisme, en fragmentant les exp\u00e9riences f\u00e9minines, oppose travail reproductif non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et travail salari\u00e9, cr\u00e9ant ainsi des lignes de division entre les femmes elles-m\u00eames. Il est imp\u00e9ratif que les f\u00e9ministes d\u00e9construisent ces barri\u00e8res. Car contrairement au discours dominant \u2013 port\u00e9 par l\u2019Etat et les institutions internationales comme l\u2019ONU ou la Banque mondiale \u2013 le travail salari\u00e9 n\u2019est pas n\u00e9cessairement synonyme de lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le contexte de la mondialisation n\u00e9olib\u00e9rale, les femmes du Sud global \u2013 y compris les femmes au Maroc \u2013 sont massivement int\u00e9gr\u00e9es au march\u00e9 du travail dans des conditions pr\u00e9caires, comme main-d\u2019\u0153uvre bon march\u00e9 dans l\u2019industrie, les services, l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, etc., \u00e0 travers les politiques dites \u00ab&nbsp;d\u2019inclusion&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;d\u2019autonomisation&nbsp;\u00e9conomique \u00bb. Pour les femmes en milieu rural, l\u2019int\u00e9gration au march\u00e9 du travail va de pair avec la d\u00e9possession des femmes de leurs sources traditionnelles d\u2019autonomie (la terre, l\u2019eau, et l\u2019agriculture vivri\u00e8re). Mais le salaire, insuffisant pour couvrir les besoins fondamentaux, agit bien souvent comme un pi\u00e8ge&nbsp;: au lieu d\u2019ouvrir un chemin vers l\u2019\u00e9mancipation, il m\u00e8ne vers l\u2019endettement \/ le microcr\u00e9dit et cr\u00e9e ainsi une nouvelle forme de d\u00e9pendance \u00e9conomique. L\u2019endettement pousse \u00e0 son tour les travailleuses \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer une partie du travail domestique et de soin \u00e0 d\u2019autres femmes qu\u2019elles emploient, perp\u00e9tuant les m\u00e9canismes qui enferment les femmes dans une division du travail genr\u00e9e, et qui se joue de plus en plus sur des lignes raciales (avec le recours au travail des femmes migrantes).<\/p>\n\n\n\n<p>Un programme de lutte v\u00e9ritablement \u00e9mancipateur doit revendiquer la r\u00e9appropriation collective des richesses cr\u00e9\u00e9es par les femmes, que ce soit \u00e0 travers leur travail salari\u00e9 faiblement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 et\/ou \u00e0 travers leur travail gratuit. Il doit exiger la socialisation des activit\u00e9s de soin, en garantissant un acc\u00e8s universel \u00e0 des services publics de qualit\u00e9 : cr\u00e8ches, sant\u00e9, \u00e9ducation, mais aussi sant\u00e9 reproductive pour toutes les femmes, sans discrimination.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel programme doit \u00e9galement inclure le droit au logement digne, l\u2019am\u00e9lioration des salaires, et des conditions de travail d\u00e9centes. Il doit s\u2019opposer aux logiques qui privent les populations locales de leurs terres et de leurs ressources, et d\u00e9fendre des conditions concr\u00e8tes d\u2019autonomie \u00e9conomique et sociale pour les femmes, en les prot\u00e9geant de la d\u00e9pendance au march\u00e9 et aux formes d\u2019exploitation qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel programme ne peut se limiter \u00e0 un plaidoyer adress\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat pour influencer les politiques publiques, car il doit int\u00e9grer une critique structurelle de l\u2019\u00c9tat lui-m\u00eame, en tant qu\u2019instrument qui perp\u00e9tue la domination de classe et l\u2019oppression de genre. C\u2019est par la lutte sur le terrain, port\u00e9e collectivement, que pourront \u00eatre arrach\u00e9es de r\u00e9elles avanc\u00e9es sociales. Cette lutte doit tisser des liens entre femmes au foyer, travailleuses salari\u00e9es et femmes migrantes, en reconnaissant la diversit\u00e9 de leurs exp\u00e9riences, mais aussi la convergence des oppressions qu\u2019elles subissent dans le cadre du syst\u00e8me capitaliste patriarcal.<\/p>\n\n\n\n<p>Par: Ines Jabrane et Fatima Zahra El belghiti<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> HCP, La femme marocaine en chiffres (2024)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> <a>Leopoldina Fortunati, L\u2019Arcane de la reproduction (1981, traduction fran\u00e7aise 2022)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> <a>Dans la pr\u00e9face \u00e0 l\u2019\u00e9dition fran\u00e7aise de L\u2019Arcane de la Reproduction (Lepoldina Fortunati).<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> <a>Silvia Federici, Gr\u00e8ve du travail reproductif et construction de communs reproductifs, dans \u00ab&nbsp;Travail gratuit et gr\u00e8ves f\u00e9ministes&nbsp;\u00bb (2020)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> <a><\/a><a>Tithi Bhattacharya, Social Reproduction Theory: Remapping class, recentering oppression (2017)<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette ann\u00e9e, la mobilisation traditionnelle du 1er mai, Journ\u00e9e internationale des travailleuses et des travailleurs, s\u2019est distingu\u00e9e par une nouveaut\u00e9\u00a0\u00e0 Casablanca : l\u2019Association Tahadi pour l\u2019\u00c9galit\u00e9 et la Citoyennet\u00e9 (ATEC), organisation f\u00e9ministe, a rejoint la manifestation de la Conf\u00e9d\u00e9ration D\u00e9mocratique du Travail (CDT) pour lancer une campagne de sensibilisation autour du travail domestique. \u00c9labor\u00e9e en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":1656,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[172,318,329,328],"class_list":["post-1653","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classe","tag-capitalisme","tag-feminisme","tag-patriarcat","tag-reproduction-sociale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1653"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1653\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1657,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1653\/revisions\/1657"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1656"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/attacmaroc.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}