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jeudi 27 février 2020
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Argentine : “CHAPEAU” à la 31º Rencontre Nationale des femmes“

Argentine : “CHAPEAU” à la  31º Rencontre Nationale des femmes“

“CHAPEAU” à la  31º Rencontre Nationale des femmes“

 

Une contribution à l’histoire des luttes féministes : plus de 70 000 femmes réunies à Rosario, Argentine, les  8, 9 et 10 octobre.

Maria Elena Saludas

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Photo Sebastián Pittavino (Photographe qui a été agressé à la fin de la rencontre)

 

La Rencontre Nationale des Femmes (sigle en espagnol : ENM), se tient chaque année en Argentine depuis 1986, c’est un espace autonome de femmes, autoconvoqué, profondément démocratique, pluraliste, autofinancé, fédéral et horizontal. Des femmes venues non seulement de tous les coins du pays, mais aussi de l’Amérique latine y convergent dans le but de partager, débattre et rechercher des réponses aux nombreux problèmes, dont certains ont des conséquences très graves, que vivent quotidiennement les femmes.

Lors de cet événement, de nombreux ateliers ont permis de parler de nos luttes, celles que nous menons sur nos lieux de travail, à la maison, dans le quartier, dans les campagnes et dans les villes, à l’école, à l’université, etc. Ces ateliers se sont tenus, simultanément, en différents lieux de la ville de Rosario, pendant les 3  jours de la rencontre.

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Ouverture de l’ ENM devant le Monument au drapeau– Photo de Sebastián Pittavino

 

C’est cette année Rosario, ville de contrastes, située sur les rives du fleuve Paraná, qui a abrité les réflexions et les débats mais aussi ce qui fut une grande fête, avec de la musique, des chants,  complicité et  révolte, qui a envahi les rues et les places.

Une brève histoire de l’ENM

En 1985 un groupe de femmes argentines a participé à la clôture de la Décennie de la Femme au Kenya. De retour chez elles, elles ont pensé qu’il était nécessaire de se retrouver pour parler de la problématique spécifique des femmes dans notre pays où, comme dans le reste du monde, nous vivons une nette discrimination au niveau du rôle qui est le nôtre dans la société. C’est ainsi qu’en1986 a eu lieu la première rencontre en Argentine et depuis elles ne se sont jamais arrêtées. Elles sont chaque année plus massives et plus réussies. Los de la première, ce sont environ un millier de femmes qui se sont réunies. Aujourd’hui à Rosario, ce sont plus de 70.000 camarades qui se sont retrouvées.

Ateliers

Les ateliers sont le centre des Rencontres. Toutes les femmes y participent, ils sont démocratiques, horizontaux et pluralistes. Ils rompent avec le schéma auquel nous sommes habituées où peu d’expriment tandis que les autres écoutent en silence. Les ateliers sont souverains, ce qui s’y discute n’appartient qu’aux femmes qui s’y trouvent. Ils fonctionnent par consensus afin de garantir l’expression de toutes, il n’y a pas de vote.

En cette occasion nous avons débattu de 69 thématiques dans plus de 100 ateliers. Chaque atelier a une coordinatrice, sa tâche est de gérer le débat, garantir que toutes les voix puissent être entendues. Des secrétaires sont choisies qui notent tout ce qui se discute dans l’atelier afin d’en dégager les conclusions.

A la fin de la Rencontre, le comité d’organisation publie les conclusions de tous les ateliers  qui sont lues lors de la séance de clôture et elles sont remises lors de la Rencontre suivante.

Fondamentalement, les ateliers nous permettent de découvrir que nous ne sommes pas seules, que nous pouvons nous unir pour laisser de côté nos souffrances et tenter de modifier la réalité de notre pays et du monde. |1|

En tant qu’ ATTAC- CADTM Argentine, nous avons participé à l’atelier Femmes et crise mondiale actuelle qui s’est fusionné avec l’atelier Femmes et dette publique. Juste après son démarrage, nous avons dpu le dédoubler car il y avait trop de monde pour la salle d’école qui nous avait été attribuée. La même chose a eu lieu pour la plupart des ateliers. Et les débats ont dû se poursuivre dans les cours, vu le nombre de femmes qui avaient besoin de partager leurs souffrances, leurs savoirs, leurs expériences et leurs résistances.

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Photo de Graciela Quiroga

 

Deux propositions importantes ont fait consensus:

  • Sensibilisation sur l’augmentation de la dette à partir du paiement aux “Fonds Vautours” par le Gouvernement Macri qui a permis l’entrée de l’Argentine sur les marchés de capitaux et l’émission de bons tant en dollars qu’en euros.

Suspension du paiement de la Dette publique et réalisation immédiate d’un audit intégral  et participatif.

2) Participation aux Journées Continentales pour la Défense de la démocratie et contre le néolibéralisme, dont l’axe fondamental est la lutte contre l’impunité des Multinationales et la poursuite de la lutte contre l’architecture juridique qui les protège, dans le cadre de toute une série d’Accords de libre échange. Ces Journées auront lieu le 4 novembre dans tout le continent, date à laquelle nous célébrons le NON à la ZLEA (Zone de Libre Echange des Amériques).

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Photo de Graciela Quiroga

 

La Rencontre Nationale des Femmes qui s’est tenue à Rosario (Argentine) a surpris par le nombre de ses participantes, les ateliers de débat qui ont dépassé toutes les prévisions, ce qui s’est vu également lors de la traditionnelle marche qui couronne la Rencontre. Des milliers de femmes, appartenant à des organisations et des mouvements sociaux, syndicaux, politiques, des réseaux comme « Pas une de moins » ou « Non à la traite » ont sillonné pendant des heures les rues de la ville : une expérience peut être inédite au monde. Une marche colorée, avec de nombreux drapeaux et slogans exigeant la fin de la violence, des politiques publiques, l’application des lois en vigueur, l’avortement légal, sûr et gratuit, ainsi que différents mots d’ordre contre l’austérité et les hausses de prix, appliquées aujourd’hui  dans notre pays qui aggravent , la souffrance des femmes. La Rencontre de cette année a eu lieu alors que le pays connaît une montée de la pauvreté, du chômage, du travail précaire, dans le cadre d’une ouverture de l’économie, qui provoque une inflation de situations  qui ont un impact sur les problèmes spécifiques liés à la violence, aux féminicides et aux problèmes de couples.

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Le CADTM lors de la Marche finale de l’ ENM – Rosario (Argentine)

 

Hélas à la fin de la manifestation, les forces de sécurité sont intervenues qui a évidemment ce qui a le plus retenu l’attention des medias. Cette répression a été condamnée par le Comité d’organisation qui a déclaré que « cette marche a été historique, la plus nombreuse de l’histoire de nos rencontres, résultat d’une grande unité et du besoin qu’ont les femmes de pouvoir exprimer leurs demandes et leurs revendications ».

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Une manifestation émouvante dans les rues de Rosario, sur plus de 5 kilomètres, a couronné la fin de la Rencontre

Mercedes Meier, députée, a également déclaré : “Ces incidents, dont nous ne savons pas qui les a provoqués, mais qui ne faisaient clairement pas partie de la formidable mobilisation qu’a suscité cette rencontre historique, ne peuvent occulter le caractère historique de cette rencontre. Historique non seulement par le nombre, mais aussi par l’intensité de la participation et du débat ».

Dans la matinée du 10 octobre les conclusions et propositions ont été lues, sous la pluie, et il a été procédé comme chaque année au choix, par acclamation, du lieu de la prochaine Rencontre. Ce sera dans la province du Chaco. Les femmes qui ont porté cette proposition ont expliqué l’importance de rendre visible la pauvreté, les souffrances des femmes et la triple oppression qu’elles subissent, en tant que femmes, pauvres et autochtones.

 

VERS LA PROCHAINE RENCONTRE NATIONALE DES FEMMES EN ARGENTINE, COMPAÑERAS!

LES PHOTOS CHOISIES PARLENT D’ELLES-MEMES DE CETTE RENCONTRE

Merci à l’excellent travail réalisé par les photographes:

Arq. Graciela Quiroga blog: fotosgraficaydisenios.blogspot.com.ar

Sebastián Pittavino (Journaliste victime d’une balle de caoutchouc face à la Cathédrale de Rosario)

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Cérémonie d’ouverture – Photo de Sebastián Pittavino

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Belle est la femme qui lutte…

Photo Graciela Quiroga

 

 

 

 

 

 




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