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dimanche 20 octobre 2019
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Interview avec le militant Farid Baali

Interview avec le militant Farid Baali

 1-Qui est Farid Baali?

Né au Douar Zawiat d’Ainas, dans la province d’Agdz-Zagora, j’ai effectué mes études primaires à l’école d’Ainas, puis j’ai déménagé à Agdz, où j’ai étudié au collège Annakhil. À ce moment j’ai commencé à lutter en participant aux côtés du mouvement étudiant aux grèves, à l’intérieur des murs du collège ou à l’extérieur lors des manifestations de protestation en solidarité avec le soulèvement palestinien ou la guerre contre l’Irak à l’époque.  J’ai également intégré le travail associatifà cettepériode, en particulier avecle Mouvement de la jeunesse démocratique progressiste, qui est un mouvement militant de gauche qui a eu sa réputation dans la ville d’Agdz avec d’autres mouvements, notamment l’Association Chouala et l’Association Nawras. Après le collège, je suis rentré en secondaire et j’ai terminé mes études au lycée Idris I.Après l’obtention de mon baccalauréat, j’ai déménagé à Marrakech pour faire mes études universitaires à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cadi Ayyad, spécialisation histoire et civilisation. Au cours de ma première année d’université, j’ai pris part à la lutte aux côtés de la faction de la Voie démocratique basiste. C’est ainsi que des affrontements et des conflits avec les autorités se sont poursuivis en raison de mes idées politiques et de mes luttes lors de divers rassemblements et manifestations.

  1. Pourquoi êtes-vous poursuivi devant le tribunal?

Je me souviens encore de mon entrée sur le réseau social Facebook en 2010. J’y ai exprimé mes idées révolutionnaires et politiques et critiqué la politique de l’État, impopulaire et non démocratique. Depuis lors, j’ai été harcelé par les autorités,  qui ont appelé le chef de tribu pour se renseigner sur la nature de mes publications Facebook et pour m’avertir de la gravité de la situation. En 2017, lorsque les protestations populaires dans le Rif, à Jerada, les manifestations de la soifà Zagora ont débutées, après avoir publiéun message de solidarité avec les habitants de Jerada, j’ai été surpris d’être convoqué par la police judiciaire à Zagora le 9 juillet 2018 pour enquête.Cette convocation a été précédée par d’autres via des appels téléphoniques, mais je ne m’y suis pas conformé.Au début de 2019, j’ai été poursuivi par le procureurdu roi auprès du tribunal de première instance de Zagora.

  1. Comment la phase d’interrogatoire s’est-elle passée au poste de police?

L’interrogatoire s’est déroulé de manière ordinaire, situation à laquelle je ne m’attendais pas si ouvertement, malgré le fait que quelqu’un essayait de me provoquer et de faire pression sur moi en élevant la voix pendant l’enquête, mais je me fichais de ses actes. Plus de cinq ou six enquêteurs étaient au poste de police de Zagora et l’enquête a duré plus de six heures sans interruption. À la fin de l’enquête, ils ont stipulé que je devais renoncer à mes idées politiques et ne plus participer aux différentes luttes, sinon ce serait la prison.

  1. Êtes-vous harcelé? Et quelle est la nature de ce harcèlement?

Oui, j’ai toujours été harcelé avant d’être convoqué parce que j’ai reçu des menaces de la part de personnes via mon compte Facebook, contenant des insultes, en plus d’appels téléphoniques de personnes inconnues. Ces pratiques et harcèlements étaient un danger pour moi et j’ai toujours vécu dans la peur et la terreur, mais je n’ai jamais abandonné.

  1. Quelle est votre interprétation de cespoursuites?

Il n’existe qu’une seule explication, à savoir que ces poursuitessont politiquesdans le but de faire taire les voix, et me faire taire également.

  1. Quelle a été la réaction des organisations de défense des droits de l’homme à Agdz et dans l’ensemble du Maroc après qu’elles aient eu connaissance de ces poursuites à votre encontre ?

Immédiatement après avoir eu connaissance de ces poursuites, elles ont rapidement adoptéma défense, d’autant plus que j’étais membrede la Ligue marocaine pour la défense des droits humains, section Agdz, et dans le comite local de l’association Attac Maroc, qui a assumé les frais de l’affaire. Et des avocats ont décidé de plaider bénévolement.

  1. Qu’attendez-vous des organisations de défense des droits humains au Maroc et aux niveaux régional et international pour vous soutenir?

Soutenez-moi,restez à mes côtés et aide- moi à prouver mon innocence, contre ces accusations sans fondement et que je nie.

 




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