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Communiqué à l’occasion de la Journée internationale des migrants

Communiqué
à l’occasion de la Journée internationale des migrants
18 décembre 2014

Ce 18 décembre, une fois encore, c’est avec beaucoup de colère et d’appréhension que nous célébrons la Journée internationale des migrants qui coïncide avec l’adoption par l’Assemblée générale des Nations-unies de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille le 18 décembre 1990.

En effet, 24 ans après l’adoption de la Convention, la situation des migrants à travers le monde continue de se dégrader et la migration elle-même d’être perçue négativement, comme un fléau dont il faudrait se protéger. C’est pourtant grâce à la migration que se sont construits les  plus grands pays de ce monde. C’est la migration qui a fourni les travailleurs dont les pays industrialisés ont eu besoin pour se développer et qui leur sont toujours nécessaires, aujourd’hui encore. Malgré leur rôle éminemment positif, ils sont surexploités, discriminés, dans leurs salaires comme dans leurs conditions de travail et de vie. Sur tous les continents ont été érigés des dizaines de murs, de grillages, de systèmes sophistiqués de surveillance qui rendent le franchissement des frontières plus difficile et périlleux tandis que les barrières tombent les unes après les autres devant la circulation des capitaux et des marchandises.

Dans cette véritable guerre déclarée à la libre circulation des personnes, le Maroc n’est pas en reste. Certes, lors de la Xème session concernant les Droits des travailleurs migrants qui se tenait à Genève il y a tout juste un an, il a reconnu les violations des droits des migrants qu’il a commises et les violences qu’il a exercées contre les migrants. Mais, le cœur sur la main, il s’est engagé à accorder désormais leur statut aux réfugiés, à régulariser les migrants sans papiers et à cesser les exactions contre les migrants.

Un an plus tard, on est loin du compte. Le Maroc continue à assurer le rôle de garde-frontières de l’Union européenne, contribuant par là aux drames de la mer qui ne cessent de se produire et acceptant de récupérer les migrants illégalement expulsés par l’Espagne aux enclaves de Ceuta et Melilla.  Inspiré par ces dispositifs liberticides, il est même en train d’ériger un nouveau mur à sa frontière orientale.

Concernant la question de l’asile, le Maroc a dans un premier temps validé les propositions faites par le HCR avant septembre 2013, mais le dossier est à nouveau en attente de la reprise de l’activité du Bureau marocain des réfugiés et apatrides. Concernant les réfugiés syriens venus chercher au Maroc un refuge loin des bombes et des atrocités commises tant par le pouvoir syrien que par diverses factions dites islamistes, rappelons l’expulsion de familles au mois de mai dernier, même  si  par ailleurs un certain nombre s’est vu délivrer une carte de séjour.

L’année écoulée a été riche en violences contre les migrant(e)s, allant jusqu’à l’assassinat et reflétant un climat de racisme exacerbé, notamment dans le Nord du pays,  alimenté par les comportements policiers qui poursuivent les rafles, les déportations d’une région à l’autre et les expulsions.  De façon tellement massive par moments, que plusieurs associations caritatives avaient tiré la sonnette d’alarme, n’étant plus à même d’assurer l’accueil d’urgence des centaines de migrants venus frapper à leurs portes.

Par ailleurs, les activités de solidarité avec les migrants sont elles aussi réprimées, comme cela a été le cas de la caravane partie le 27 septembre dernier de Rabat pour Tanger à la suite de l’assassinat de Charles Ndour, jeune étudiant sénégalais de 25 ans, mort poignardé dans le quartier de Bukhalef à Tanger.

Parallèlement, l’opération de régularisation des migrants qui, rappelons-le est exceptionnelle et touche à sa fin, a certes permis à ce jour la délivrance d’une carte de séjour à une petite partie des migrants se trouvant sur le territoire du Maroc, mais elle reste incomplète et de récentes déclarations du Président du CNDH font craindre qu’elle ne cède la place à des opérations d’expulsions.

En cette journée mondiale des migrants, nous, organisations de migrants et de solidarité,

– réaffirmons   que nulle frontière ne pourra empêcher les êtres humains de se déplacer d’un pays à l’autre, celles-ci ne faisant qu’augmenter la dangerosité des voyages et les discriminations sociales et raciales entre ceux qui voyagent librement et ceux qui ne sont pas autorisés à le faire

– réaffirmons que la migration, loin d’être un fléau, constitue un droit fondamental des travailleurs à se positionner librement dans un marché du travail globalisé que seules les entreprises prétendent organiser pour leur plus grand bénéfice.

– demandons à l’Etat marocain de respecter son engagement à œuvrer au respect, sans discrimination, des droits des travailleurs migrants et de leur Famille tels qu’ils sont définis par la Convention du 18 décembre 1990.

 – Demandons à l’Etat marocain de mettre en place un dispositif conforme à la Convention de Genève relative aux réfugiés et au droit d’asile.

– demandons à l’Etat marocain de suspendre les négociations et l’application de tous les accords migratoires avec l’Union Européenne et ses pays membres, d’abandonner résolument son approche sécuritaire de la question migratoire et d’opter pour une politique positive d’accueil digne et respectueuse des droits des personnes.

– dénonçons l’approche sécuritaire et utilitaire de la migration de l’Union Européenne qui transforme le Maroc en sous-traitant du contrôle migratoire.

– demandons que les associations des Migrant(e)s subsahariens soient reconnues par l’Etat marocain comme toutes les autres associations de ressortissants étrangers résidant au Maroc.

– réaffirmons notre attachement aux valeurs de fraternité et de solidarité et notre volonté de dévoiler et dénoncer tous les crimes et violations des droits humains dont pourraient être victime toute personne, quelles que soient son origine, sa nationalité ou la couleur de sa peau.

  

Signatures

AMDH

Association Afrique Culture Maroc

Attac/Cadtm Maroc

Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc

Conseil des migrants subsahariens au Maroc

Chabaka

Pateras De la Vida

 

 

 

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